Benjamin Clementine à l'AB : une expérience pure et simple !

Benjamin Clementine à l’AB : une expérience pure et simple !
2 images
Benjamin Clementine à l’AB : une expérience pure et simple ! - © Micky Clement

Le chanteur britannique, phénomène de l’année musicale qui se termine, a subjugué l’Ancienne Belgique ce mercredi, suspendue à sa voix surnaturelle !

Simple, pur, puissant ! Voici les trois qualificatifs qui nous viennent instantanément pour évoquer la performance de Benjamin Clementine. Dans une salle comble, gentiment partagée entre ceux qui souhaitent exprimer leur fol enthousiasme et ceux qui réclament le silence absolu pour apprécier religieusement le talent de cet OVNI, le jeune anglais a proposé un duo piano/batterie qui nous a emballé dès les premières mesures !

Nous n’étions pourtant vraiment pas parmi ceux qui ont rapidement crié au génie avant même la sortie de son premier album "At least for now" l’année dernière. Sa voix grave et chancelante nous rappelait un peu trop Nina Simone et nous nous méfiions d’un buzz à nos yeux pas (encore) justifié.

Le contraste qui crée l’émotion

Nous cherchions aussi l’originalité de sa proposition. Jusqu’à ce jour de printemps, où nos yeux, nos oreilles, puis notre corps entier furent traversés d’émotions indescriptibles en le découvrant sur scène. Pur et sans fioriture, le morceau "Cornerstone" en est l'expression parfaite.

Et la magie s’est encore amplifiée ce mercredi devant 2000 spectateurs médusés, scotchés par un univers simple mais tellement fort. Peu bavard, (il prévient qu’il est là pour partager de la musique et pas pour parler, demandant de son air espiègle au public de faire de même) il construit toute sa prestation sur un dialogue avec son batteur qui se transforme parfois en une sorte de "délire à deux" pour reprendre une référence psychologique. La confiance semble parfaite entre eux et permet une liberté lorgnant par moment vers le jazz.

Une prestation qui prouve que son air détaché n’est qu’une façade et n’empêche en rien de donner le meilleur de sa virtuosité pianistique et vocale.

Ce moment de grâce, à peine perturbé par quelques moments moins harmonieux où il pousse sa voix dans les aigus, permet de redécouvrir ce premier disque avec un autre éclairage. Un disque à la fois simple et audacieux, annonciateur d’une grande carrière…

 

François Colinet

Benjamin Clementine " At least for now " (Behind, Barclay / Universal)