Ben Harper et Charlie Musselwhite : blues brothers !

Ben Harper et Charlie Musselwhite : blues brothers !
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Ben Harper et Charlie Musselwhite : blues brothers ! - © Dan Monick

Maitres de la guitare et de l’harmonica, les deux compères sont venus présenter "No mercy in this land", leur deuxième  album en duo, sorti il y a quelques jours, dans une salle de la Madeleine pleine à craquer pour deux soirs.

On le suivrait partout ce sacré Ben ! En version rock avec ses Innocents Criminals ou Relentless 7, en voyage gospel avec les Blind Boys of Alabama, ou, bien sûr, pour une soirée acoustique en solo comme cette extra ordinaire soirée du 1er mai 2014 au Cirque Royal, gravée à jamais au panthéon de nos plus beaux concerts !

Sa variété de jeu et sa voix qui allie à merveille la puissance et la caresse, s’adaptent à tellement de styles qu’il peut s’aventurer dans de nombreux chemins. Et celui qu’il trace depuis quelques années avec l’harmoniciste Charlie Musselwhite mérite plus qu’un détour. Ancien musicien de Muddy Waters ou encore John Lee Hooker dans les années 60, ce monument de l’harmonica a ensuite travaillé avec des gens comme Bonnie Raitt ou Tom Waits, entre autres.

 C’est en 2004 qu’il entame sa collaboration avec Ben Harper en l’invitant à participer à son album "Sanctuary", album sur lequel on retrouve aussi les Blind Boys of Alabama qui sortiront la même année "There will be a light", un album enregistré avec… Ben Harper ! Viendront ensuite deux disques en duo : "Get up !" en 2015 et, donc, "No mercy in this land" qu’ils présentaient ce week-end à La Madeleine.

Touchante complicité

Les voilà assis côte à côte, accompagnés d’un groupe qui enveloppe et donne de la force à leurs envolées. Guitares pour l’un, harmonicas pour l’autre, leurs collections sont impressionnantes et permettent d’en changer presque entre chaque morceau. Sans être spécialiste, on se dit que les bases rythmiques du blues sont assez simples mais qu’elles permettent décidément de bien s’amuser !

Ça sentait bon les champs de coton du Mississippi natal de Charlie. Si le groupe ne bouge quasi pas, il parvient progressivement à installer une vraie puissance et varie les plaisirs dans le tempo.  Il faudra attendre quelques titres pour avoir droit à des morceaux où le plaisir instrumental se prolonge. Il fait chaud, ça joue fort sans être assourdissant, sauf sur un des titres du rappel où Ben s’amusera à saturer quelque peu sa guitare.

Supplément d’âme en peine

En bandoulière ou sur ses genoux, il nous gratifie d’un jeu toujours aussi impressionnant de fluidité. Charlie lui apporte le supplément d’âme en peine avec cet harmonica qui oscille entre énergie et mélancolie. Quelques fois, il prend le micro mais laisse la plupart du temps la voix de Ben nous emporter.

Les moments les plus précieux furent d’ailleurs, pour nous, ceux, plus calmes, où elle est mises en avant, comme mise à nu, accompagnée simplement au piano ou carrément a cappella et sans micro comme au moment de terminer avec grâce cette moite soirée !

François Colinet

Ben Harper & Charlie Musselwhite " No Mercy in this land " (Anti/Epitaph – PIAS)