Beirut ou le plaisir retrouvé

Zach Condon a retrouvé le plaisir sur scène.
Zach Condon a retrouvé le plaisir sur scène. - © @RTBF - David Salomonowicz - 2015

Double prestation des Américains à l'Ancienne Belgique qui, à l'image de leur leader Zach Condon, ont retrouvé la joie de la scène.

Voici quelques mois, la date bruxelloise de Beirut avait, dès son annonce, été remplie en un tournemain et les organisateurs de l'AB avaient décidé de la doubler avec le même succès au niveau de la billetterie. Il faut dire que le capital sympathie de la troupe du Nouveau Mexique est immense au Nord du pays tout comme chez nous, et ce malgré la traversée du désert de leur chanteur et quelques mauvaises critiques pour les nouveaux opus.

Zach Condon avait en effet, voici quelques années, eu du mal à digérer le succès phénoménal (et pour lui inattendu) de l'album The Flying Club Cup sur lequel se trouvait le tube planétaire Nantes. Comme pour exorciser l'attente pesante autour de celui-ci, le groupe l'expédie d'ailleurs après 3 titres et un Elephant Gun tout aussi empreint de nostalgie.

Ils vont ensuite naviguer à travers leurs 4 albums en livrant les quelques perles du tout dernier en date No No No avec le titre du nu même nom et le single Gibraltar magnifique nouvel hymne dans la pure ligne du groupe : trio de cuivres, double voix dont celle si fragile et singulière de Zach Condon, ukulélé et rythmique des grandes plaines US. On sait exactement où l'on met les pieds avec Beirut, dans une atmosphère douce amère de fête foraine mélancolique mais rassurante et englobante.

C'est donc un rien répétitif et prévisible, mais pour peu que l'on aime le genre, c'est un vrai régal, d'autant que le leader a semble-t-il retrouvé la joie de communier avec le public et apparaît très reconnaissant de chaque viva engrangé. Quelques plages plus anciennes et d'autres instrumentales aux accents balkaniques et hispanisants finissent de nous emmener loin, dans cet univers unique et vraiment apaisant.

Deuxième date ce soir à l'AB pour les heureux détenteurs d'un ticket.

François Colinet et David Salomonowicz