BaliMurphy et Leïla Huissoud ont enchanté l'AB!

BaliMurphy et Leïla Huissoud ont enchanté l’AB !
BaliMurphy et Leïla Huissoud ont enchanté l’AB ! - © Jean François Spricigo

Le groupe belge a offert un emballant concert "Best of", entouré de quelques amis. Et nous a permis de découvrir Leïla Huissoud en première partie. Une surprenante demoiselle à suivre de près!

Les instants qui précèdent les premières parties sont toujours indécis. Souvent agréables sans susciter d’enthousiasme démesuré, parfois carrément pénibles, elles permettent heureusement parfois de vivre des moments intenses. Ce fut le cas ce mercredi soir avec la courte mais flamboyante prestation de la jeune Leïla Huissoud, dont la verve bien burnée a emporté l’adhésion de la foule grossissante des curieux.

Biberonnée à la "grande chanson française", puis happée par les mots sans détour de chanteuses inspirantes comme Anne Sylvestre ou Lynda Lemay, elle proposa quelques titres à la fois forts et décalés, témoignant d’une belle écriture, nourrie par un magnifique sens de l’observation. Avec un côté grivois complètement assumé, elle emporta le cœur des spectateurs, charmés par son étonnante maturité. Cette petite demi-heure est passée bien vite, trop courte pour partager l’ensemble de "L’ombre", un très chouette premier album, enregistré en public, et qui est à découvrir sans tarder. On a trouvé notre premier gros coup de cœur de l’année, qui sera le 24 mars au Centre culturel de Soignies!

Dans la foulée, les notes de BaliMurphy se sont faites cinglantes, comme sur leur dernier album "Nos voiles", aux accents plus rocks. A l’avant-scène, guitare, batterie, clavier et contrebasse se répondent entre énergie et poésie. Mais, le groupe a faim et déplie une table de fête, s’offrant les services d’une trompette, un violon, un violoncelle et un basson pour donner encore plus d’amplitude à leurs compositions. Faim aussi de partage comme sur cette reprise d’un morceau de Lhasa. Ou en invitant le duo Faon Faon sur les chœurs du single "Echos".

Passant du rock au swing, avec un petit parfum western, le groupe a feuilleté les différentes étapes d’une déjà longue carrière. Avec le génial enchaînement entre "J’hésite encore" et "N’oubliez pas", mention spéciale pour les quelques retours dans "Poussière", sorti il y a 10 ans, mais qui reste, pour nous, leur meilleur millésime.

La reprise du sublime "Nantes" de Beirut fut grandiose, avec ce band élargi, tandis qu’en rappel, le chanteur, Cédric Van Caillie, s’attaquait à "Orly" de Brel. Un "monstre sacré" joliment taquiné sans que nous y trouvions la même émotion dévastatrice que dans l’orignal, normal!

Cette jolie soirée s’est terminée sur la lucide mélancolie de l’homme délaissé de "Plus belle sans moi" et dont la mélodie nous a accompagnés encore de longues minutes après le dernier salut…

 

François Colinet