Ayo à l'AB: l'amour en musique, personnel et universel!

Ayo à l’AB: l’amour en musique, personnel et universel!
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Ayo à l’AB: l’amour en musique, personnel et universel! - © Julien Mignot

Chanteuse, voyageuse, citoyenne mondiale, elle retrouvait ses fans bruxellois pour présenter "Ayo", son cinquième album, dans une ambiance "cosy" mettant l’amour universel au cœur de sa musique.

Nos derniers souvenirs d’Ayo dans cette même salle remontent à quelques années, lorsqu’elle clôturait le show tiré de son album "Billie-Eve" par une interprétation magistrale de "I want you back" des Jackson Five.

La voici, deux albums plus tard, drapée d’un bleu aussi soyeux que sa voix qui nous saisit, simplement accompagnée d’une guitare acoustique pour les premières mesures d’un concert qui ne cessera de nous rappeler tout ce qui nous plait chez elle depuis plus de 10 ans, lorsque "Down on your knees" la propulsa au sommet des rotations radios.

On se souvient de prestations enflammées dans une Ancienne Belgique remplie à ras bord. Ce ne fut pas le cas ici. La faute à l’érosion du temps. Mais aussi sans doute à un nouvel album très peu exposé médiatiquement et peu présent sur nos ondes.

L’émotion allait donc prendre le relais dans une configuration "Box" plus intimiste, avec ses éclairages étoilés et ses lustres du meilleur effet pour envelopper des fans chaleureux comme au premier jour. Entourée de quatre musiciens sobres et efficaces, on retrouve avec joie la grâce de ses pas chassés (même avec de longues bottes) et son cœur ouvert au public presque entre chaque chanson.

Des morceaux aux accents très reggae, bourrés de douces vibrations humanistes. Le groove est inné dans son interprétation mais l’orchestration un peu trop répétitive manquait parfois de relief. Les morceaux plus anciens amenaient néanmoins des réveils funky comme autant de moments délicieux et de souvenirs vivaces.

Ayo vit par et pour la musique, qu’elle envisage comme un gigantesque partage de douceur et d’amour. Coutumière des bains de foule en plein milieu de ses shows, le hasard nous a ici offert un moment d’une rare intensité lorsqu’elle raconte avoir été accueillie, petite fille, par une dame en Allemagne alors que sa maman, toxicomane, ne pouvait s’occuper correctement d’elle. Cette dame a fait le déplacement pour l’applaudir à Bruxelles et les retrouvailles, pleines de larmes, ont eu lieu au milieu d’une foule attendrie, dans cette ambiance de grande fraternité.

Entre dénonciation des violences du monde (mention spéciale au très percutant " Boum boum " sur les violences policières) et recherche de l’amour universel, elle fait de ses moments sur scène, des parenthèses de rassemblement autour du monde tel qu’il est (l’excellent "Life is real" datant du premier disque) et tel qu’elle aimerait tant qu’il soit.

Puisse la musique le rendre meilleur…

 

François Colinet

Ayo, "Ayo"