Angus et Julia Stone, la fulgurance folk rock !

Angus and Julia Stone
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Angus and Julia Stone - © Droits réservés

Touchants de complicité, frère et sœur ont offert un set court mais d’une impressionnante intensité dans un Cirque Royal également sous le charme des voix enivrantes des anglaises de The Staves.

Nous attendions doublement ce dimanche soir. Pour le retour d’Angus et Julia Stone, bien sûr, mais aussi pour la première partie qui nous donnait l’occasion de découvrir sur scène le trio britannique The Staves, que nous suivions d’un coin de l’oreille depuis un petit temps déjà.

Histoires de familles

C’est parti pour une demi-heure de pur bonheur folk ! Trois sœurs aux voix sublimes et aux harmonies parfaites, une ou deux guitares, trois micros, et le tour est joué. La magie opère dès les premières notes, leurs trois timbres s’accordant parfaitement. Trop heureuses de se retrouver devant un si large public, elles sont simples, souriantes et enjouées à l’heure de nous présenter leur nouvel EP, " Blood I bled ", qui nous fera patienter jusqu’à la sortie de leur deuxième album au printemps.

Déjà sur le premier " Dead and Born and grown ", nous avions repéré quelques perles absolument délicieuses, faisant penser à Crosby, Stills and Nash au féminin. D’accord, elles confondent Bruxelles et Anvers, ne sachant plus très bien où elles ont déjà joué, mais cette maladresse géographique les rend infiniment sympathiques aux yeux du public qui les applaudira à tout rompre, espérant même un rappel qui ne viendra pas. On a rarement vu une première partie aussi convaincante et aussi unanimement saluée par une foule ultra attentive. Un groupe à suivre, un régal !

La force de la délicatesse

Une demi-heure plus tard, c’est l’Australie qui débarque en imposant dès l’entrée la marque des grands, de ceux capable de conjuguer énergie et finesse, de marier avec brio la forme et le fond.

La forme, d’abord, avec un son à la fois puissant et juste, qui vous transporte dès les premiers coups de cordes, que la guitare soit acoustique ou électrique. Et un jeu de lumière subtil mais qui sait se rendre absolument indispensable.

Le fond, ensuite, une musique plus rock et électrisée que sur les disques mais qui garde son ADN folk grâce à une foule de petits apports comme le banjo, l’harmonica, le lapsteel et même une trompette, dont Julia s’empare trop rarement à notre goût.

Et puis, deux voix qui apportent le sel nécessaire à l’ensemble. Celle d’Angus, souvent en retrait, mais dont les intonations rappellent, par moments, un certain Neil Young. Et celle du Julia qui fait bien plus que minauder. Sur certains morceaux, son coffre nous a impressionné !

Leur troisième album, portant simplement leurs deux noms, a formé le squelette prévisible de ce concert. Mais comme ce disque est très beau, on est reparti de là heureux. D’autant qu’on a aussi découvert une version très personnelle du " The one that I want " issu de Grease, et que quelques bijoux du précédent n’ont pas été oubliés. La caresse de " For you ", pour elle, et un " Yellow brick road ", tout simplement épique en rappel, alors que l’on n’osait plus l’espérer.

Pour nous souhaiter la bonne nuit, ils reviennent juste à deux fredonner " Santa Monica dreams ". Ils s’aiment et cela se voit. La soirée était parfaite, même si elle aurait pu se prolonger encore un peu. Merci !

François Colinet

Angus and Julia Stone " Angus and Julia Stone " (Universal)