A la poursuite d'Ana Diaz

Ana Diaz
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Ana Diaz - © DR

Depuis quelques mois un doux vent du sud souffle sur la pop noire-jaune-rouge. Son nom: Ana Diaz. Petit soleil bruxellois de 27 ans aux racines hispaniques. Mélange épicé d'ingrédients électro, d'ambiances rap et d'amour jazzy et d'univers nu-soul.

L'interview

Ana Diaz, c'est un nom qui fleure le soleil. Quelle en est l'origine?

Ana Diaz : J'ai des origines espagnoles mais je suis née ici. Ce sont mes grands-parents qui ont immigré à l'époque. Mes parents sont nés en Belgique et s'y sont rencontrés.

La musique, c'est un truc de famille?

J'ai commencé par la musique espagnole traditionnelle avec mes cousines et mes tantes à la maison. Des chants portés uniquement sur la voix, sans instrument. Des chansons originaires de la Galice, au-des­sus du Portugal dans le nord-ouest de l'Es­pagne. Je précise car les gens songent naturellement au flamenco, mais ça n'a rien à voir. Même si j'adore le flamenco ... Mais il ne faisait pas partie de notre culture familiale. Un jour, peut être, je tenterai d'écrire en espagnol, mais pas pour l'instant. 

Comment décririez-vous votre jardin musi­cal? Qui peut-on y croiser? 

Plus tard, je me suis initiée à d'autres genres, comme le jazz. Les artistes que j'ad­mire le plus sont Norah Jones, Etta James, Nina Simone ... Ou des chanteuses de fla­menco comme Concha Buika. Je suis très fan de Luz Casal aussi. Elles ont bercé ma petite enfance, je connais leurs chansons par cœur ( ... ) J'ai toujours adoré la drum'n'bass, même si ca n'a rien à voir ... Aujourd' hui, j'aime beaucoup le hip hop également. Certains de mes morceaux s'en ressentent, mais je ne voudrais pas qu'on m'enferme dans un style. Mes inspirations sont multiples. 

Si ça n'avait pas été la musique, vous aviez un plan B? 

Pas du tout! J'ai étudié la musicologie à l'école dès le secondaire. Puis, j'ai commencé des études, mais je n'étais vraiment pas faite pour ça, alors j'ai vite arrêté. J'ai commencé à travailler, à bosser dans des bars, à rencontrer des gens qui baignaient dans la musique ... et les choses s’enchaînent maintenant. 

Certains visages connus à l'horizon belge font partie de votre famille musicale. 

J'ai rencontré Morgan - producteur attitré et 3e roue du carrosse Le 77 - il y a six ans, avant même qu'il ne fasse de la musique avec Le 77. Nous nous sommes recroisés quelques années plus tard, c'était les débuts du groupe. De mon côté, je commençais à faire de la musique sur des prods. Avant, je ne chantais que sur des mélodies de guitare, mais en chemin j'avais fait la, connaissance de plusieurs beatmakers, c'était tout nouveau pour moi ... Retrouver Morgan à ce moment-là, c'était le timing parfait, et on s'est mis à bosser en tandem. Nous sommes devenus amis et j'ai rencontré les autres membres du 77 dans la maison qu'ils partagent à Laeken. J'y ai rencontré Blu Samu aussi, dont j'aime beaucoup le son et avec qui j'ai pas mal d'atomes crochus. 

Aujourd'hui, vous êtes à la barre d'une équipe de filles, avec une certaine lliona à la production. 

Elle travaillait avec le même studio que moi, L'Œil Écoute Laboratoire, on s'est rencontrées là-bas il y a, un an. Elle n'a que 19 ans. À l'époque, elle commençait tout juste à faire des prods avec le logiciel Logic, de manière autodidacte. Elle aimait mon son et elle a rapidement proposé de me faire des instrus ... Elle n'était pas sùre d'elle mais j'ai adoré ce qu'elle m'a proposé. Franchement, Iliona est super forte. J'ai rencontré pas mal de beatmakers et tous sont d'accord pour dire qu'elle est douée. Et elle progresse hy­per vite. Elle chante aussi, elle a une belle voix ... donc, en plus d'être DJ, elle assure les backs sur scène avec moi. 

Le 18 août sortait REC.02, second volet de vos travaux musicaux. 

C'était le nom des maquettes. On en parlait toujours en ces termes : Quand est-ce qu'on se voit pour REC ? Tu as pu avancer sur le REC ? ça sonnait bien et c'est resté. Comme le projet a été divisé en trois parties, on a fait REC.01, REC.02 et bientôt REC final. Le premier volet est sorti en juillet et comprenait deux  titres, "Allô" et "Raf". Idem pour le second le 18 août, avec "Mon Amour" et "BX". Dans le cha­pitre final, on retrouvera les morceaux déjà sortis et quatre inédits. Le Beurschouwburg nous accueillera pour un concert-release à l'occasion de sa sortie le 18 septembre.

plus d'infos sur la page Facebook d'Ana Diaz

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Édité par le Conseil de la Musique , il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

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