Vitaly Starikov : portrait du 5e lauréat du Concours Reine Elisabeth 2021 piano

Vitaly Starikov aura le rude privilège d’être le premier finaliste sur scène au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, devant une salle vide, excepté le jury et la famille royale.

Il a 26 ans et vient d’Yekaterinburg, une ville située au centre de la Russie, entourée par les montagnes.

Il est né dans une famille de musiciens. Son père est chanteur et sa maman flûtiste. Avec sa belle voix de basse profonde, il aurait pu épouser la même carrière que son papa mais il était plus séduit par le piano. Après des études au Conservatoire de Moscou, il a étudié à Imola en Italie.

Pour sa finale, il a choisi d’interpréter le Concerto n° 1 de Tchaikovsky, une œuvre qui, en tant que Russe, fait partie de son ADN. Il espère y montrer sa personnalité et apporter des innovations personnelles dans cette pièce tellement connue. Il ne veut surtout pas copier d’autres interprétations du passé.

pour réécouter ses prestations lors des précédentes épreuves

Nous l’avons rencontré le premier jour de son isolement à la Chapelle. Cette année, les 6 finalistes vivront dans un espace très réduit : 6 studios et un réfectoire, c’est tout. Et comme lors de chaque session, ils vivront à l’écart de tout, sans téléphone ni contact avec le monde extérieur. Vitaly, qui a l’air un peu timide et réservé, compte passer ces 7 jours avec son clavier pour unique compagnon. Il a tout de même apporté 3 livres de Shakespeare en anglais pour se détendre lors de ses rares plages de repos.

Fan de la musique contemporaine, il était impatient de découvrir la partition du concerto imposé qu’il venait de recevoir. Il y a tout de suite remarqué des influences de Debussy et de Ravel ainsi que des sons de la nature. Suspense, ce soir, nous découvrirons sous ses doigts cette nouvelle pièce pour la première fois.

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Le portrait de Vitaly Starikov

Pour en savoir plus – l’interview intégrale de Vitaly Starikov

Vitaly Starikov : Participer au concours Reine Elisabeth est un rêve pour tout musicien, c’est l’un des plus prestigieux concours du monde. On prépare ce concours depuis toujours, c’est le travail d’une vie. Je pense avoir la moitié d’un répertoire et la moitié des capacités pour jouer ce concours.

Cette année est particulière pour nous, candidat car sans public, il n’y a pas cette connexion avec le public. Durant ma prestation à la demi-finale, j’ai essayé de m’imaginer le public présent et de transformer le jury présent mentalement en une audience. Et ça m’a aidé un peu…

Comment s’est déroulée cette année sans concert ?

C’était très difficile de ne pas pouvoir faire de concert mais j’ai profité de quarantaine pour apprendre de nouveaux morceaux. J’ai beaucoup joué des romantiques allemands, Schubert, Litz, Brahms. J’ai également joué des concerts en ligne, c’est ce qui m’a aidé à me préparer pour la compétition. Ce que j’aime avec ce concours, c’est l’opportunité qu’il donne aux candidats. En effet il leur permet de jouer des compositeurs contemporains. C’est une musique que j’aime vraiment bien.

Pour la finale, j’ai choisi le concerto n°1 de Tchaïkovski, c’est une musique assez populaire mais qui ouvre un grand champ d’interprétation. Mais je l’ai aussi choisi parce que je pense avoir un lien particulier avec cette musique.

Le premier jour dans la Chapelle est particulier, je n’ai aucun contact avec l’extérieur, sans téléphone ni ordinateur, c’est une ambiance bénéfique pour ma préparation. Je suis concentré sur ce que je vais jouer.

La musique contemporaine (de l’imposé) a beaucoup de liens avec la nature et avec les compositeurs français comme Debussy ou Ravel. Il y a beaucoup de sons rappelant la forêt, les jardins, la nature. Je vais profiter de mon séjour ici pour marcher, me balader, respirer mais aussi me préparer.