Un Stradivarius n'est pas indispensable pour être sélectionné au Concours Reine Elisabeth

Le prestige d'un violon d'époque n'est pas toujours lié à la qualité du son qu'il produit.
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Le prestige d'un violon d'époque n'est pas toujours lié à la qualité du son qu'il produit. - © RTBF Grégory Fobe 2019

La finale du Reine Elisabeth consacré cette année au violon se déroulera du 20 au 25 mai ; l’aboutissement d’un concours qui aura révélé de nombreux talents. Certains de ces jeunes virtuoses jouent sur des violons d’époque comme les célèbres Stradivarius.

Jan van Weyenberg possède plusieurs instruments d’exception et notamment un Petrus Guarneri. Toute sa collection est conservée à la banque vu sa valeur estimée à plus d’un million d’euros. Pour ce violoniste et luthier, il ne faut pas se fier à un nom : « Si certains Stradivarius sont évidemment remarquables, d’autres sont bons pour la retraite; tout dépend de l’histoire de l’instrument, de l’usage qui en a été fait et de la façon dont il a été entretenu ».

Les violonistes qui jouent sur ces violons d’époque impayables en sont très rarement les propriétaires: ceux-ci sont souvent prêtés par des fondations qui peuvent les reprendre à tout moment ce qui peut être très problématique pour le musicien qui en bénéficie et qui s’est habitué à jouer sur cet instrument.

Pour Stéphanie de Failly, violoniste baroque professionnelle, l’important n’est pas spécialement de jouer sur un instrument légendaire. Ce qui compte c’est surtout la relation que le musicien va nouer avec celui-ci : « Un violon c’est un compagnon de vie. Chaque violoniste a sa personnalité mais chaque instrument a la sienne aussi. Certains musiciens vont rechercher des violons qui ont des sons plus ou moins riches, plus harmonieux ; le violon c’est notre voix ! Parfois vous avez aussi un instrument qui vous convient à un moment puis il ne vous correspond plus. »

Le violon contemporain : une alternative accessible

Aujourd’hui de plus en plus de violonistes font le choix de jouer sur un violon contemporain qu’ils peuvent acquérir: son prix est plus accessible qu’un violon d’époque même s’il peut atteindre les 25.000 euros.

Plusieurs luthiers belges mais également étrangers se sont associés au sein du projet Ekho afin de le promouvoir.

« Ces violons modernes ont leur place dans des concours comme le Reine Elisabeth, explique Catherine Janssens, l’une de ses membres. Un violon de qualité le restera toujours quelle que soit l’époque à laquelle il a été conçu et s’il est réglé et entretenu correctement, il va se bonifier. »

Si la conception des violons n’a pas réellement changé depuis le 17e siècle, les techniques des luthiers pour les fabriquer ont en revanche évolué : aujourd’hui certains s’associent même avec des scientifiques et des acousticiens pour améliorer encore la précision de leur travail.