Portrait de Jonathan Fournel, 1er lauréat du Concours Reine Elisabeth 2021 piano

Jonathan Fournel vient de remporter le premier prix du Concours Reine Elisabeth 2021 piano.

Le pianiste français est un peu le régional de l’étape de cette session du Concours Reine Elisabeth. Il étudie depuis 5 ans à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth à Waterloo dans la classe de Louis Lortie et vit depuis le mois d’août dans le centre de Bruxelles.

Il est pourtant né à Sarrebourg dans l’est de la France il y a 27 ans. Son père était organiste et professeur de solfège. Il voulait absolument que Jonathan apprenne le piano mais lui voulait être tromboniste. Le piano ne l’intéressait pas, il ne travaillait pas.

Quand il a découvert les grandes œuvres du répertoire, il a voulu tout de suite les jouer sans passer par les petites pièces nécessaires à l’apprentissage du piano. Ses débuts ont donc été un peu chaotiques.

Jonathan Fournel à la Chapelle Musicale

Son compositeur préféré est Brahms. Pas étonnant donc qu’il ait choisi d’interpréter son 2ème concerto lors de sa finale. Il aime surtout les pièces pour piano avec orchestre ou les œuvres symphoniques. Il rêve un jour de devenir chef d’orchestre. Quand il joue du piano, d’ailleurs, il veut imaginer qu’il a un orchestre sous les doigts.

L’imagination est justement sans doute ce qui caractérise le plus Jonathan. Il veut avant tout raconter une histoire, avec des personnages qu’il met en scène. Une pièce de musique ressemble à un livre, avec ses chapitres ou à un opéra, avec ses actions, ses rebondissements. Il faut sans cesse raconter quelque chose pour maintenir le suspense et susciter l’imagination de l’auditeur également. L’histoire qu’il nous raconte, on peut la lire également sur son visage, tellement expressif. On sent qu’il donne de la vie et une raison d’être à chaque note.

pour revoir les prestations de Jonathan Fournel dans les épreuves précédentes

Pour ce faire, il va au-delà de ses capacités physiques, on sent qu’il est épuisé à la fin de ses prestations. Il ne calcule pas, il se donne tout entier et c’est sans doute cela qui rend ses concerts passionnants et captivants.

Ce concours est donc difficile physiquement mais psychologiquement aussi. Ces derniers temps, il se couche avec Brahms et il se lève avec Brahms. Il a l’impression de devenir fou quand il se met au piano car il y a encore tellement de détails à parfaire. Mais en même temps, il doit s’économiser pour garder des forces pour la finale.

Le meilleur moyen de penser à autre chose est de s’occuper de ses nombreuses plantes qui égaient son appartement.

Le portrait de Jonathan Fournel

Pour en savoir plus sur Jonathan Fournel, dans son interview intégrale

Jonathan Fournel a été assez frustré par le confinement, et l'obligation de la quarantaine chaque fois qu'il avait pu un peu voyager. Et ce qui lui manque le plus, ce sont les activités à la campagne, près de chez ses parents, des activités qui ne sont pas nécessairement compatibles avec ses doigts de pianiste.

Et il attend avec beaucoup d'impatience la découverte de l'œuvre imposée : il se mettra directement au piano pour pouvoir la déchiffrer, et  puis, il la travaillera, en se donnant à fond, vu que le temps d'apprentissage, une seule semaine, est fort court, pour quelqu'un qui a tendance à stresser comme lui..