Concours Reine Elisabeth session d'été : Yuzuko Horigome et Denis Kozhukhin

Ces deux artistes ont brillé à 30 ans d'intervalle lors de leurs prestations au Concours Reine Elisabeth. Dans cette émission réalisée par Thierry Loreau, et diffusée ce jeudi soir sur la Trois, retrouvons la charmeuse, Yuzuko Horigome, 1ère lauréate 1980, et Denis Kozhukhin, 1er lauréat 2010.

Yuzuko Horigome, la charmeuse

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Yuzuko Horigome, 1ère lauréate du Concours Reine Elisabeth 1980, en compagnie de la Reine Fabiola © Belga Archives

Discipline : violon

Premier Prix : 1980

Pays : Japon

Age : 23 ans

La première place de Yuzuko Horigome en 1980 est un moment important dans l’histoire du Concours Reine Elisabeth puisqu’elle consacre pour la première fois une musicienne venue d’Extrême-Orient. Toute la Belgique avait été subjuguée par sa poésie, son intériorité, son élégance, son charme irrésistibles. Sa version du Concerto de Sibelius est devenue culte. Dans le début du premier mouvement et dans le deuxième mouvement, c’est comme si elle nous entraînait dans son rêve, dans son monde intérieur.

D’un coup, l’Europe découvrait les qualités de ces musiciens venus de l’autre côté du monde, leur fraîcheur, leur pouvoir de concentration, leur raffinement, leur amour pour la musique occidentale. Ce concours a changé toute sa vie aussi puisqu’elle habite depuis 40 ans en Belgique et est parfaitement intégrée.

En 1989, l'émission "Cargo de nuit" réalisait le portrait de la musicienne, 9 ans après son Premier Prix.

Denis Kozhukhin, le merveilleux

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Denis Kozhukhin, 1er lauréat du Concours Reine Elisabeth, en compagnie de la Reine Fabiola © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Discipline : piano

Premier Prix : 2010

Pays : Russie

Age : 23 ans

Denis Kozhukhin a gagné le Concours Reine Elisabeth en 2010. Il est passionné par tous les arts mais plus particulièrement par la littérature. Lorsque nous avons filmé son portrait après son Premier Prix, il nous avait confié qu’il avait déjà lu 3 fois Don Quichotte, en espagnol !

A l’âge de 14 ans, il a quitté sa Russie natale pour continuer sa formation à Madrid. Il s’était expatrié tout seul, sans connaître la langue ni personne sur place. Dans son interprétation du Concerto n° 2 de Prokofiev, on sent son amour pour les romans. Un concerto est un drame, avec plusieurs chapitres, chacun avec ses émotions et ses atmosphères propres. Il nous raconte une histoire et on y croit. Tout a été pensé, compris et intériorisé. Il a un côté merveilleux, éclatant, renforcé par une maîtrise technique sans failles.

Son son est ample et puissant. Il n’est jamais couvert par l’orchestre malgré les tutti sonores et garde toujours le leadership. Son portrait révèle également un grand épicurien, un amateur de vin et de bonne chère car la cuisine et le choix du breuvage qui s’harmonise avec lui est aussi de l’art.

On le retrouve dans ce portrait, réalisé quelques jours après la proclamation des lauréats du Concours 2010.