Concours Reine Elisabeth session d'été : Vadim Repin et Samuel Hasselhorn

Vadim Repin aux Victoires de la musique classique, en France, en 2010
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Vadim Repin aux Victoires de la musique classique, en France, en 2010 - © PASCAL GUYOT - AFP

29 ans séparent le Premier Prix de Vadim Repin et celui de Samuel Hasselhorn. Entre ces 2 artistes, c’est le grand écart. L’un ne cesse de montrer sa fougue, l’autre reste dans une sobriété mesurée et assumée.

Un contraste à découvrir dans l'émission réalisée par Thierry Loreau sur les premiers prix du Concours Reine Elisabeth. A revoir en replay sur Auvio.

Vadim Repin, le Fougueux

Discipline : violon

Premier Prix : 1989

Pays : Russie

Age : 17 ans

Vadim Repin est un phénomène comme il n’en existe qu’un par génération. Il n’avait que 17 ans en 1989 et venait en droite ligne de sa Sibérie natale et pourtant, il a tout emporté sur son passage. Le feu de sa jeunesse, sa passion, son ardeur ont eu raison du jury et du public belge.

Il ne pouvait évidemment jouer que le Concerto de Tchaikovsky en finale car c’est la seule œuvre dans laquelle il pouvait montrer son assurance, sa puissance, sa virtuosité et son tempérament. Les moments de grande poésie alternaient avec les passages brillants. Le final virevoltant était absolument époustouflant. Sa maîtrise parfaite a affolé les foules, il a vraiment pris le pouvoir et s’est imposé en maître.

C’est aussi un des Premiers Prix du Concours Reine Elisabeth qui réalise la plus belle carrière internationale. C’était encore un adolescent à l’époque mais il a tenu toutes ses promesses. Dans le portrait réalisé par la RTBF après sa victoire, il montrait son autre facette, sa grande timidité. Pas facile de répondre aux multiples interviews et sollicitations quand on ne parle que le Russe.

Samuel Hasselhorn, le Sobre

Discipline : chant, baryton

Premier Prix : 2018

Pays : Allemagne

Age : 28 ans

Samuel Hasselhorn, 28 ans, le baryton sobre en pleine maturité, succède au jeune fougueux Repin. Son tempérament est totalement à l’opposé. Il contrôle toujours ses sentiments et reste maître de lui en toute circonstance.

Pourtant, la situation n’était pas facile pour lui. Il vivait une période très confuse car son père était très malade et son bébé allait naître. Entre les différents tours, il retournait en Allemagne pour s’occuper de son père et n’avait pas beaucoup de temps pour travailler.

Son programme était à la mesure de son caractère. Presque tous les airs restaient dans la même tonalité, allemands et profonds. Il préfère faire découvrir des textes poétiques et liturgiques tirés des oratorios ou des lieder allemands que de chanter à contre-emploi des hits de l’opéra qui ne lui correspondent pas. C’est sans doute grâce à cette cohérence et à cette dimension spirituelle qu’il donne à chaque pièce que le jury lui a accordé le Premier Prix.

Dans le portrait que nous avons réalisé de lui après sa victoire, il est tellement fan de chocolat qu’il a voulu visiter avec nous l’usine de Pierre Marcolini. Lors de ce tournage, on a découvert un autre Samuel, un homme affable et drôle, un pince-sans-rire qui trouve toujours le bon mot pour dérider l’atmosphère. Il a notamment donné un petit concert pour le personnel de l’usine qui restera dans les mémoires.