Concours Reine Elisabeth session d'été : Pierre-Alain Volondat et Ray Chen

La Reine Fabiola félicitant Pierre-Alain Volondat, en 1983
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La Reine Fabiola félicitant Pierre-Alain Volondat, en 1983 - © BELGAIMAGE

Le jeudi soir sur La Trois, Caroline Veyt vous propose de revoir 20 anciens lauréats du Concours, toutes sessions confondues, regroupés deux par deux sur des thèmes intrigants et contrastés.

Dans cette toute première émission des Tempo de l’été, réalisée par Thierry Loreau, vous pourrez vous replonger dans 2 mondes très différents, ceux du mystique Pierre-Alain Volondat et du surdoué Ray Chen.

pour revoir l'émission sur Auvio

Pierre-Alain Volondat, le mystique

Discipline : piano

Premier prix : 1983

Pays : France

Age : 20 ans

Le passage de Pierre-Alain Volondat au Concours Reine Elisabeth de 1983 est sans conteste un des grands moments de l’histoire du Concours. Dans son concerto de Liszt, dès le début, on pouvait ressentir sa concentration extrême. Il regardait plus le chef d’orchestre Georges Octors que son clavier et rien ne semblait pouvoir le perturber. Comme il l’a dit ensuite au Journal Télévisé, interviewé par Jean-Jacques Jespers et Marcel Croës médusés, il avait une mission, il était dans une sorte de mysticisme. Il savait qu’il allait gagner, il voyait exactement ce qui allait arriver.

A plusieurs moments, il ouvrait les bras en croix devant un public en délire. Ce concerto exige de la théâtralité, de la démonstration. Il faut impressionner, en mettre plein la vue. C’est un grand show, avec des passages très pompeux, d’autres plus lyriques et d’autres plus endiablés. Volondat a réussi à créer ces atmosphères différentes avec un égal bonheur. On peut presque parler d’inspiration divine. Le public et le jury ont vécu un moment d’exception en tout cas.

En finale, Pierre-Alain Volondat avait interprété le Concerto pour piano n° 2 en la majeur S. 125  de Franz Liszt, mais la prestation qui a marqué les esprits de toute une génération, ce fut son passage au Journal Télévisé.

Ray Chen, le surdoué

Discipline : violon

Premier Prix : 2009

Pays : Australie/Taïwan

Age : 20 ans

Ray Chen, Premier Prix en 2009. Il est le juste reflet de notre époque, celle de la mondialisation : il est issu de plusieurs cultures et a beaucoup voyagé. C’est un citoyen du monde empreint de modernité. Il est, par exemple, le premier à avoir joué au Concours Reine Elisabeth avec une tablette digitale en guise de partition. Ce n’était pas encore l’usage à l’époque et il impressionnait le public avec sa pédale mais aussi avec son look de jeune bien à l’aise dans ses baskets.

Dans le portrait télévisé que nous lui avons consacré lors du concert de Clôture du Concours, et que vous pourrez revoir dans ce programme, il voulait absolument essayer un violon électrique. Un gagnant du Concours Reine Elisabeth qui joue Toxic de Britney Spears, du rock, du jazz, du blue-gras, ce n’est pas commun.

Ce qui frappe lorsqu’il joue c’est son sourire permanent. Il a toujours l’air heureux, toujours la banane. Et son bonheur est communicatif. Le violon est un jeu pour lui. Dans le Concerto de Tchaikovsky, il donne l’impression de ne pas faire d’efforts, tout lui semble facile. Il se joue des difficultés techniques avec un plaisir évident, son jeu semble instinctif. Il sait se montrer tendre aussi dans les passages plus romantiques. Le dernier mouvement, entamé sur les chapeaux de roues, est fait pour lui. Il peut y montrer sa joie de vivre, sa belle assurance et sa virtuosité.

En finale, Ray Chen avait interprété le Concerto pour violon en ré majeur op. 35 de Piotr Tchaikovsky.