Concours Reine Elisabeth session d'été : Jodie Devos et Lucas Vondracek

Jodie Devos aux Victoires de la musique 2020
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Jodie Devos aux Victoires de la musique 2020 - © CHRISTOPH DE BARRY - AFP

Cette émission, réalisée par Thierry Loreau, pourrait s'intituler La Belle et la Bête, tant ces deux artistes semblent s'opposer en tout point.

pour revoir l'émission sur Auvio

 

Jodie Devos, la Belle

Discipline : chant, soprano

Deuxième Prix : 2014

Pays : Belgique

Age : 25 ans

Première Belge à obtenir le 2ème prix lors d’une session de chant du Concours Reine Elisabeth, en 2014, la Belle Jodie Devos a enthousiasmé le public et le jury par sa présence sur scène, son agilité dans tous les registres, sa bonne humeur communicative et ses aigus impressionnants.

Elle est faite pour l’opéra. Elle parvient à incarner chaque rôle avec finesse et justesse. Elle aime se mettre dans la peau d’un personnage et en interpréter toutes les émotions. Dans le bel canto, elle virevolte, charme et envoûte. Elle chante ses cadences comme un oiseau insouciant, sans difficulté apparente.

Mais que dire alors de son interprétation de Candide de Bernstein ! Durant 6 minutes, son visage et tout son corps reflètent les multiples expressions du personnage : elle rit, elle pleure, elle fait la folle, elle se fâche, elle bouillonne… Elle fait tant de mimiques qu’on n’a presque pas besoin du son pour comprendre ce qu’exprime le personnage. Jodie n’est pas grande mais sa puissance est phénoménale. Son dernier aigu, cette dernière note de sa prestation qu’elle redoutait par-dessus tout, réjouit un public conquis.

Voir un concert de Jodie est un plaisir des yeux, des oreilles et de tous les sens. On la retrouve en 2014, dans ce portrait réalisé pour la diffusion de la finale du Concours.

Lukas Vondracek, la Bête

Discipline : piano

Premier Prix : 2016

Pays : Tchéquie

Age : 29 ans

Lukas Vondracek a une tout autre personnalité. On pourrait presque parler de double personnalité d’ailleurs. Il a un petit côté Docteur Jekyll et Mister Hyde. Timide, un peu effacé dans la vie ( il faut tendre l’oreille lorsqu’il est en interview car il est presque inaudible ), il se révèle lorsqu’il se retrouve derrière son piano. Dans le final du Concerto n° 3 de Rachmaninov, en 2016, il a un côté bestial, il claque ses mains sur le clavier, son visage est très expressif, il sue à grosses gouttes et nous entraîne dans un autre monde, son monde. Dans le portrait que nous avons fait de lui et que vous reverrez ce soir, il compare même sa relation avec son piano à une sensation sexuelle.

Cette musique romantique et passionnée lui va bien. Il parvient à en retranscrire toutes ses couleurs, tantôt léger et poète dans les passages lents, tantôt démoniaque et puissant dans les mouvements enfiévrés. Il est le maître des nuances et des atmosphères. Il parvient à passer au-dessus de l’orchestre malgré les 80 musiciens qui s’en donnent à cœur joie dans les fortissimi. Son jeu est très physique. Quand il entame ce concerto, on sent l’athlète au départ d’un marathon, prêt à se livrer complètement, quitte à en sortir exténué, vidé. Il donne tout sans compter, joue avec de grands gestes et donne l’impression de faire le show alors que son but est juste l’opposé. Il est très humble et souhaite simplement transmettre les émotions que le compositeur a mises dans son œuvre. Mais toujours avec originalité et avec un grand sens de l’architecture de la pièce. Un grand moment dans l’histoire du Concours Reine Elisabeth que vous pourrez revoir dans cette émission.