Concours Reine Elisabeth session d’été : Abdel Rahman El Bacha et Lim Ji Young

Voici deux musiciens qui semblent très différents mais qui se ressemblent en plusieurs points, ce que l’on découvrira dans l’émission réalisée par Thierry Loreau,  ce jeudi à 22h25 sur La Trois. 

Abdel Rahman El Bacha et Lim Ji Young sont bien sûr tous les deux originaires de pays éloignés de notre vieille Europe. Mais ils ont tous les deux également un côté très zen, très force tranquille.

L'émission est à revoir sur Auvio

Abdel Rahman El Bacha, le Philosophe

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Abdel Rahman El Bacha lors de la finale du Concours Reine Elisabeth 1978. © RTBF

Discipline : piano

Premier Prix : 1978

Pays : France/Liban

Age : 19 ans

Abdel Rahman El Bacha est né à Beyrouth au Liban. Il a eu la chance de faire partie de la première session des finales du Concours Reine Elisabeth filmées par les 2 chaînes nationales, en 1978. Grâce à cela, nous pourrons voir et revoir sa finale pour l’éternité.

Ses liens avec la Belgique sont très intenses puisqu’il s’est établi en Bruxelles et a longtemps occupé le poste de Maître à la Chapelle Reine Elisabeth.

En finale, il avait interprété le Concerto n° 2 de Prokofiev, un monument de l’histoire du piano. Malgré les multiples difficultés de cette œuvre, il l’a appréhendée avec sérénité, comme un sage, comme un philosophe. Abdel Rahman est un homme posé, mesuré qui ne fait pas dans la démonstration. Il n’est ni impulsif ni intuitif. La raison l’emporte toujours. Mais pas au détriment de la puissance, de la technique ou de la virtuosité. Il a joué le 2e mouvement comme un coureur de sprint : 1493 notes en 2 minutes 20, ce qui fait une moyenne de 10 notes par seconde !

En interview, il réfléchit toujours avant de donner sa réponse, il pèse le poids de chaque mot pour délivrer la phrase la plus proche de sa pensée.

Dans cette émission, vous pourrez revoir ce fameux concerto, le premier de l’histoire du Concours Reine Elisabeth filmé, ainsi qu’un portrait réalisé 15 ans après son Premier Prix pour l’émission Sindbad.

Lim Ji Young, la Force Tranquille

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La Reine Mathilde et Lim Ji Young, après la proclamation des lauréats © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Lim Ji Young est la première instrumentiste coréenne à avoir gagné le Concours Reine Elisabeth. C’était en 2015. Elle fait aussi partie de cette nouvelle vague coréenne, appelée la K-Classics Generation, qui truste les Premier Prix des plus grands concours internationaux ces dernières années.

Quand elle a remporté le Concours Reine Elisabeth, elle n’avait que 20 ans et était encore une jeune étudiante qui n’avait jamais quitté son pays. Comme elle le dit souvent, en une seconde, elle est passée du statut d’élève à celui de star. Ji Young rêvait de participer au Concours Reine Elisabeth depuis toute petite et ce rêve a été porté par toute sa famille.

Ce qui fascine chez elle c’est qu’elle ne connaît pas le stress. Elle a une telle assurance, une telle maîtrise sur les événements qu’elle n’est jamais nerveuse avant un concert. Son secret c’est évidemment une excellente préparation et une concentration tellement intense qu’elle reste zen en toutes circonstances. Rien de fâcheux ne peut lui arriver puisqu’elle a pensé à tout pour que le résultat soit le meilleur possible.

On a souvent reproché aux Asiatiques de n’être que d’excellents techniciens et qu’ils jouent sans âme. Rien de plus faux en ce qui concerne cette nouvelle vague coréenne. Ji Young allie un son puissant et une technique irréprochable avec une grande poésie dans les moments plus lyriques et les cadences. Dans son Concerto de Brahms en finale, son dernier mouvement était brillant, plein de fougue mais contrôlé. Elle reste toujours maîtresse de ses émotions. Ji Young, c’est la force tranquille, une artiste qui rend son public heureux.

Retrouvez son portrait, réalisé quelques jours après sa consécration au Concours.