…aussi peu que les nuages…, l'œuvre imposée pour la Finale du Concours Reine Élisabeth

La sélection de l’œuvre imposée

Depuis cette année, le comité exécutif du Concours Reine Élisabeth a décidé de revenir au système de commande pour l’œuvre imposée en finale. Auparavant, il avait eu recours aux concours, d’abord réservés aux compositeurs belges, puis aux commandes, et à nouveau aux concours – internationaux, cette fois. Le choix du soumissionnaire pour cette édition 2015 s’est porté sur un compositeur expérimenté, mais pas forcément connu de tous : Michael Jarrell. La vocation du Concours Reine Élisabeth est de mettre en lumière des artistes de talent dans le domaine instrumental ou vocal, mais aussi dans le domaine de la composition. Le Concours permet en outre d’offrir une visibilité à la musique actuelle auprès du grand public.

…aussi peu que les nuages…, une pièce inédite

Les finalistes ont pris connaissance de "…aussi peu que les nuages…", l’œuvre inédite de Michael Jarrell, lors de leur arrivée à la Chapelle, après la demi-finale. C’est Eugène Ysaÿe qui a eu l’idée de confronter les candidats violonistes à une œuvre nouvelle qu’ils doivent préparer individuellement en un temps limité. 75 ans plus tard, cette idée est toujours de mise. La pièce pour violon et orchestre est interprétée par les 12 finalistes du Concours Reine Élisabeth et l’Orchestre National de Belgique, sous la direction de Marin Alsop au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles durant toute cette semaine. (Création mondiale le lundi 25 mai à 20h.)

Michael Jarrell, le compositeur de l’œuvre imposée

Michael Jarrell a étudié la composition avec Eric Gaudibert à Genève, sa ville natale. Il a également suivi plusieurs masterclasses à Tanglewood, avant de compléter sa formation à Fribourg, avec Klaus Huber. Entre 1986 et 1988, il est résident à la Cité des Arts à Paris et prend part au cours d’informatique musicale de l’IRCAM. Il réside ensuite à la Villa Médicis à Rome, de 1988 à 1989, où il rejoint l’Istituto Svizzero di Roma, en 1989-1990. Ayant également étudié les arts visuels, son œuvre est fortement influencée à la fois par la musique d’Edgar Varèse et l’art d’Alberto Giacometti. Le lien entre la créativité musicale et la pensée visuelle est une autre caractéristique de son travail : ses Assonances, sur lesquelles il travaille depuis 1983, sont présentées comme un carnet d’esquisses. Sa première œuvre importante pour l’électronique, Congruences (1989), a elle aussi été inspirée par les éléments spatiaux et géométriques, tels que le niveau, la perspective, l’anamorphose et la figure, qu’il transforme en entités musicales temporelles. Certains aspects de l’œuvre de Jarrell – tels que la clarté des textures sonores complexes, un certain purisme dans la réutilisation du matériau, l’ingéniosité de ses harmoniques – invitent au rapprochement avec le son des compositeurs français.

Compositions récentes :

  • 1994 : Cassandre, pour comédienne, ensemble et électronique
  • 2006 : Galileo, opéra en 12 scènes, pour 13 solistes, chœur et orchestre
  • 2010 : Le père, pour acteur, soprano, mezzo, alto, 6 percussions et électronique
  • 2010 : La Chambre aux échos, pour ensemble
  • 2011 : ...Ombres..., pour orchestre
  • 2012 : Émergences (Nachlese VI), pour violoncelle et orchestre
  • 2013 : Siegfried, nocturne, pour baryton et ensemble
  • 2014 : Reflets, pour piano
  • 2014 : Spuren, pour quatuor à cordes et orchestre

 

Michael Jarrell a reçu de nombreuses récompenses, dont le Prix Acanthes (1983), le Prix Beethoven de la ville de Bonn (1986), le Prix Marescotti (1986) et le Siemens-Förderpreis (1990). En 2004, il a été nommé Chevalier des Arts et des Lettres en Suisse. Il est professeur de composition à l’Université de Vienne, depuis 1993, et au Conservatoire de Genève, depuis 2004.

Les différentes versions de l'imposé

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Le compositeur Michael Jarrell attentif lors de l'une des interprétations de son oeuvre © RTBF

Entre le 25 et le 30 mai, l'imposé de Michael Jarrell sera joué deux fois, tous les soirs. Retrouvez les différentes versions des finalistes.