A mi-parcours du Concours Reine Elisabeth, le point avec Nicolas Dernoncourt, secrétaire général

Au lendemain de la demi-finale du Concours Reine Elisabeth qui s’est terminée ce samedi 15 mai à 23h avec la proclamation des 6 candidats qui passeront en finale, Caroline Veyt a fait le point avec Nicolas Dernoncourt, secrétaire général du Concours, sur cette édition particulière en période de pandémie.

Le Concours Reine Elisabeth est un des seuls grands concours internationaux à avoir eu lieu cette année, et de surcroît en présentiel. D’autres concours ont préféré proposer une édition en ligne, c’est le cas du Concours Musical International de Montréal, qui avait lui aussi postposé son édition piano de 2020 à 2021 : en choisissant le format en distanciel, cela a permis à la candidate Su Yeon Kim de s’y présenter également durant les demi-finales du Concours Reine Elisabeth et de remporter le premier prix.

Pourquoi le Concours Reine Elisabeth a-t-il fait ce choix courageux ? "C’est clair que dès le départ, on s’est dit qu’il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas transiger, explique Nicolas Dernoncourt. Il y a des valeurs et pour nous, le fait d’avoir des musiciens qui soient présents, et que les membres du jury soient là pour les écouter, ça en fait partie."

"Certes, on fait des présélections en ligne, mais ça n’est pas suffisant quand on arrive à un tel niveau pour arriver à se faire une idée du musicien, il faut vraiment pouvoir l’entendre."

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Bien sûr, cela n’a pas été facile de faire venir les candidats et jusqu’au dernier moment, ils ont dû s’adapter : 58 candidats, 16 nationalités différentes, des règles qui n’arrêtaient pas de changer, selon les pays, … Et pourtant la bonne surprise, ce fut de voir autant de musiciens faire le déplacement, malgré les règles sanitaires, malgré la quarantaine obligatoire et surtout de recevoir un retour extrêmement positif de leur part.

La question du public était aussi cruciale, la spécificité du Concours Reine Elisabeth est de se produire en public, avec des spectateurs enthousiastes, qui soutiennent les candidats et donnent aux prestations, une autre dimension : les musiciens se sentent en "concert" plutôt qu’en "concours".

Après la première frustration, est venu un sentiment de reconnaissance, l’événement était maintenu, et puis, les médias jouent un grand rôle dans la présence du Concours, il y a tout le public qui va suivre le Concours via d’autres médias, télévision, radio, web, et pour tous ces spectateurs, c’était bien qu’il se passe quelque chose cette année.

Question plus pragmatique, qu’en est-il du manque à gagner d’une édition sans public ? Dans les éditions classiques, les spectateurs paient leur place, et c’est aussi ça qui fait vivre l’organisation du Concours : "On a l’avantage d’avoir un peu de réserves, dit Nicolas Dernoncourt, ce qui nous a permis d’assurer l’édition cette année, mais il est clair que nous ne pourrons pas nous le permettre plusieurs années d’affilée."

Croisons les doigts pour l’année prochaine..

L’interview de Nicolas Dernoncourt