Aton' & Armide : Une histoire de couleurs

Aton' & Armide, Sara Picavet (piano) et Benjamin Glorieux (violoncelle)
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Aton' & Armide, Sara Picavet (piano) et Benjamin Glorieux (violoncelle) - © DR

En 2010, Sara Picavet (piano) et Benjamin Glorieux (violoncelle) fondent un collectif de musique contemporaine à géométrie variable, Aton’ & Armide. Associant différents styles de musique, textes et électronique, l’ensemble propose des spectacles étroitement liés à un thème et au service des compositeurs actuels. Ils font paraître un CD haut en couleur à découvrir le 9 février à Flagey. Retour sur ce projet interdisciplinaire avec Sara Picavet.

D’où est venue l’idée de monter un tel ensemble ?

L’ensemble est né de la volonté de créer un collectif de musiciens passionnés de musique contemporaine au service des compositeurs, en gardant néanmoins un amour de la musique qui a créé notre histoire et qui inspire encore nombre de compositeurs actuels. Une autre particularité réside dans le fait de lier les œuvres interprétées par un thème et d’appuyer, si besoin, le concert par une dramaturgie, un récit puisé dans la littérature, ou par d’autres moyens multimédias.

Aton’ & Armide : un nom qui interroge…

C’est le fruit de la fusion de nos deux ensembles et de leurs noms : Aton’ est un Dieu solaire de l’Égypte antique, mais aussi un jeu de mot avec " atonalité ". Armide est un personnage de Jérusalem délivrée du poète italien Le Tasse : une magicienne musulmane tombant amoureuse de son ennemi qui tente de le retenir par ses enchantements. Aton’ & Armide, tout comme le veut l’objectif du collectif, lie le passé, le futur, notre histoire culturelle et différentes formes d’art.

Quelle est l’histoire de votre prochain enregistrement ?

C’est la concrétisation d’un travail de longue haleine avec les compositeurs Jean-Luc Fafchamps et son cycle Trois chants pour mieux voir pour violoncelle et piano préparé, dont le dernier nous est dédié, et Daan Janssens avec Nada, jeune compositeur avec qui nous collaborons depuis 2010 et dont la pièce présentée ici est la finalisation de toute une pensée musicale pour violoncelle, piano et électronique. Debussy, qui a toujours cherché dans sa musique à produire des couleurs, nous rappelle d’où l’on vient et apporte une autre perception permettant de rester en accord avec la philosophie du collectif : rapprocher passé et présent.

Comment parvenez-vous à montrer ces couleurs ?

Par la spécificité technique de chaque pièce : la couleur des instruments acoustiques liée à l’électronique chez Janssens ; la couleur liée aux notes préparées qui changent la couleur naturelle du piano, et la couleur du piano Bluthner ayant appartenu à Debussy (pourvu d’un système aliquote : une quatrième corde ajoutée aux trois habituelles dans l’aigu, conférant à l’ensemble une couleur particulière) sur lequel nous avons enregistré sa Sonate.

Interdisciplinaire et création sont au cœur de votre projet. Comment voyez-vous cette évolution ?

Toute évolution me semble positive, il faut juste du temps et du recul pour pouvoir réellement la juger. Aujourd’hui, les arts et les styles fusionnent, les compositeurs pouvant prendre toutes les directions possibles. Le tout est de se permettre de ressentir ce que la musique peut nous montrer, de nous laisser toucher par elle, même lorsqu’elle nous dépasse. Notre rôle à nous, musiciens, est aussi de faire des choix et de montrer au public les œuvres qui semblent porter une magie afin de la transmettre, même quand elle semble difficile à recevoir.

article extrait du magazine Larsen n°21

Aton' & Armide en concert en 2016

Le nouvel album d'Aton' & Armide

Plus d'infos sur le site officiel des artistes

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Edité par le Conseil de la Musique, il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

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