A revoir, le Barbier de Séville avec Jodie Devos et Lionel Lhote

Le 22 octobre, l'Opéra Royal de Wallonie, en association avec la société de production Jim et Jules, la RTBF et France Télévisions, vous a proposé une diffusion en direct de l'opéra de Rossini. L'opéra reste encore disponible pendant 6 mois ou plus.

Pour Jodie Devos, il s'agit d'une grande première, puisque c'est le premier rôle principal qu'elle décroche après son 2e prix au Concours Reine Elisabeth 2014.

Le reportage de Sarah Heynderyckx

Sur la scène de l'Opéra Royal de Wallonie à Liège, Jodie Devos et Lionel Lhote sont éblouissants dans le mythique Barbier de Séville. Tous les deux sont de vrais virtuoses, tous les deux sont Belges, et tous les deux sont lauréats du concours Reine Élisabeth.

Une vie bien remplie

En 2004, Lionel Lhote remportait le 6ème prix grâce, déjà, à l'air bien connu du Barbier de Rossini. "L'eau a bien coulé sous les ponts depuis le concours", nous confie le baryton originaire de la région montoise, "J'ai eu la chance d'énormément voyager, de rencontrer du monde. Puis j'ai pu travailler ce Barbier de Séville sous toutes ses formes avec d'autres acteurs, d'autres mises en scènes, c'est très enrichissant".

Lionel Lhote avait déjà débuté sa carrière en Allemagne avant le concours Reine Élisabeth. Ce dernier lui a surtout permis d'acquérir une certaine notoriété auprès du public belge qui l'a découvert.

Accélérateur de carrière

Jodie Devos, elle, sortait tout juste de l'école quand elle a décroché la 2ème place du concours en 2014. Véritable accélérateur de carrière, il lui permet entre autres d'incarner aujourd'hui Rosina, son premier grand rôle à l'opéra.

"J'étais une petite chanteuse qui voulait percer, mais on est nombreuses à le vouloir", nous explique la soprano, "Le concours a changé énormément de choses. Il m'a permis de trouvé un agent qui prend ma carrière en main et fait en sorte que les choses évoluent".

Faire le tri

Après le Reine Élisabeth, il aussi fallu gérer la pression médiatique, nouvelle, et apprendre à faire des choix. "J'ai eu énormément de propositions, et je ne pouvais pas tout accepter", poursuit Jodie Devos, "J'ai donc dû apprendre à dire non, à choisir les projets qui allaient me faire avancer. C'était sans doute le plus difficile à gérer après le concours".

Le concours ouvre des portes, certes, mais Lionel Lhote précise aussi que cela ne fait pas tout : "Les directeurs savent que vous avez fait le Reine Élisabeth, mais quelque part ils s'en foutent un peu. Ils veulent quand même voir ce qu'on vaut et on passe des auditions comme tout le monde", explique-t-il.

Artistes labellisés

Ces deux-là ont en tout cas prouvé qu'ils ont du talent à revendre, et l'expérience du concours les accompagnera longtemps. "Encore aujourd'hui, après l'opéra, les gens viennent me voir parce qu'ils se souviennent de mon passage au concours... Alors que c'était il y a 11 ans!", plaisante Lionel Lhote, "Le Reine Élisabeth vous colle à la peau".

L'interview de Jodie Devos

Pour Jodie Devos, c’était la première fois qu’on lui confiait un rôle principal, elle avait très peur de la durée (plus de trois heures sur scène,) peur des fausses notes, peur des trous de mémoire… bref, elle avait peur d’avoir le trac.

Mais ce que nous avons pu découvrir sur scène à la première ce dimanche, c’est une jeune femme coquine, drôle, en pleine possession de son talent vocal, et une bonne comédienne.

Premières impressions de la chanteuse après la première au micro de Nicole Debarre :