Salvatore Adamo, méfie-toi

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Avec son dernier album "Si vous saviez…" paru au début de cette année, dans ce titre "Méfie-toi…", Adamo semble vouloir prendre un peu de distance par rapport à lui-même et surtout à cette image qui lui colle à la peau d’un homme "trop", trop gentil, trop poli, trop aimable, une image que même l’humoriste Cody n’aura pas réussi à écorner en le caricaturant dans "Le grand cactus" en un méchant et grossier individu.

Méfie-toi, y a pas plus gentil qu’ moi 

On dit ça, mais suis-je celui qu’on croit ?

Méfie-toi, les gentils, ça louvoie 

Méfie-toi, ça file entre les doigts

Dans un autre titre "Je te chanterai la chanson", Adamo va même un pas plus loin en prêtant des propos à un jeune d’aujourd’hui qui critiquerait ses paroles :

C’est trop facile, dis-tu, de tout peindre en bleu 

Que du pipeau pour endormir les braves gens

Mais si tu trouves que mes dires sont futiles

Et si tu penses que je me  complais dans des refrains des rengaines trop faciles…

"Si vous saviez…" est le vingt-cinquième album studio du chanteur aux cinq cents chansons  et aux cent millions de disques vendus. Salué par la critique comme un de ses meilleurs depuis longtemps, ses nouvelles chansons conservent tout le charme et la poésie coutumiers du troubadour, mais elles se font plus incisives, plus nostalgiques aussi sans doute, avec des titres comme "Ma mère disait" ou "Racines". Il s’offre même le luxe d’un duo avec Camille et un orchestre symphonique pour "Juste un je t’aime". La voix au timbre de cristal de la chanteuse s’allie à merveille au sable de celle d’Adamo.

Car à septante-quatre ans, Adamo a gardé sa voix étrange intacte, comme sa popularité, une popularité mondiale, lui qui chante dans toutes les langues : français, italien, anglais, espagnol, japonais, russe… Il y a quelques mois, lors d’une tournée en Amérique Latine, 50.000 fans l’attendaient sur le tarmac de l’aéroport de Santiago du Chili et lui ont fait un triomphe, soulevant, balançant sa voiture, en guise de bienvenue.

Aujourd’hui, il se demande parfois ce qui lui a pris de vivre cette vie de saltimbanque, et de se rendre notamment trente-huit fois en tournée au Japon où sa  chanson "Tombe la neige" est devenue quasi un hymne national :"Yuki wa fumi". De manière totalement involontaire, il lui a donné la forme d’un haïku, le sonnet traditionnel nippon. Ce qui n’a pas échappé à la chanteuse Koshiji Fubuki, qui l’a reprise en japonais avec un énorme succès, à tel point que lorsqu’Adamo la chante lui-même dans leur langue, le public là-bas l’ovationne en trouvant formidable qu’un chanteur européen leur fasse une fleur en interprétant un de leur classique traditionnel.

Il se demande aujourd’hui si devenir belge ne vaudrait pas le coup, lui le chevalier Adamo, anobli par le roi, toujours italien, fidèle à ses racines, fils d’un puisatier de Comiso, petit village de Sicile,  venu après la guerre à Jemappes pour travailler dans la mine, près de Mons, ; là où à seize ans tout juste, sur la Grand-place, son fils chante "L’amour est un bouquet de violettes" de Luis Mariano pour un concours de marque de chocolat. La suite est connue, du crochet de Radio-Luxembourg, où Salvatore est repêché in-extremis et qu’il gagne, jusqu’à ses premiers tubes et  sa fabuleuse carrière.

 

TOUT LE BAZ’ART D’ADAMO

ARTE, dimanche 23 septembre, 17h35

LA UNE, jeudi 27 septembre, 22h45