Kùzylarsen - Oud of control

Kùzylarsen
2 images
Kùzylarsen - © Olivier Donnet

Certains ont besoin de faire deux fois le tour du monde avant de trouver leur voie. Kùzylarsen est comme ça. Aperçu aux quatre coins du globe, l'artiste bruxellois aborde aujourd'hui la chanson française par le prisme du oud.

Kùzylarsen vient de publier "Le long de ta douceur", son premier album. En dix morceaux tamisés, le troubadour bruxellois pose ses mots soyeux sur une chanson française bricolée à l'aide d'un oud, instrument d'un autre temps, dégoté sur les routes d'un itinéraire atypique. Car si l'adolescent a traversé les tranchées du rock alternatif armé d'une basse électrique, c'est au lendemain de ses études d'ingénieur du son à l'INSAS qu'il succombe aux charmes acoustiques d'unjoyau de la culture arabe. "Avec des potes, nous avions un deal avec le Théâtre National pour nous installer en Tunisie pendant un an, raconte-t-il. L'objectif était de monter un spectacle. Là-dedans, mon rôle était de faire de la création sonore. Mais cela ne rapportait rien. Pour me faire un peu d'argent,j'ai travaillé dans un studio de captation. À l'été 1998, il se retrouve ainsi catapulté sur le tournage d'un documentaire sur les cabarets tunisiens. "C'est comme ça que j'ai rencontré Slim Baccouche, mon futur prof de oud".

Après la Tunisie, celui que l'on surnomme alors Kùzy fait le tour de France en compagnie d'un cirque. Pendant six mois, il façonne une bande-son sur mesure pour les acrobates engagés sur la piste. De retour en Belgique avec son oud sous le coude, il s'investit ensuite dans la régie de plusieurs compagnies de danse, collaborant notamment avec les metteurs en scène Wim Vandekeybus et Thierry Smits. A côté de ça, l'ingénieur voyage beaucoup. "Les choix de mes destinations étaient toujours guidés par l'apprentissage du oud", précise-t-il. Ce parcours initiatique l'emmène en Égypte, au Liban, en Jordanie, mais aussi en Palestine ou en Turquie.

En 2005, il plaque son plein-temps pour se consacrer entièrement à la musique. "J'adorais mon boulot, mais j'avais la sensation de passer à côté d'un truc vital..." Après deux petites tournées instrumentales au Japon, le musicien se lance officiellement sous l'enseigne Kùzylarsen. "En posant l'oreille sur l'une de mes démos, un ami m'a parlé de Dominique A. Ça ne me disait trop rien. Alors, il m'a fait écouter Le Courage des oiseaux. Cette chanson m'a rassuré. D'un coup, j'avais l'impression d'adhérer à une famille artistique".

Sous la ligne claire de Capucine Latrasse, les chansons de Kùzylarsen se parent aujourd'hui de jolies couleurs dans un livret illustré par des dessins imagés. "Le long de ta douceur" ne répond pas aux immuables enchaînements couplet-refrain. Ici, l'écriture témoigne d'une véritable ambition littéraire. "Quand on me demande de citer des influences, je peine d'ailleurs à pointer tel ou tel musicien, explique le chanteur. Naturellement, je serais plutôt tenté d'évoquer des auteurs comme Abou Nawas ou Richard Brautigan. Mon imaginaire se nourrit de leurs ouvrages". Accompagné par la multi-instrumentiste Alice Vande Voorde, Kùzylarsen explore une veine minimaliste afin d'y exposer toute la richesse de ses textes. "Au fil du temps,j'ai ressenti le besoin d'élaguer, d'épurer les mélodies et d'aller à l'essentiel. Cette volonté de simplifier les choses correspond à l'envie de m'affirmer tel que je suis. Ici, plus question de me planquer derrière une posture ou un mur d'arrangements. Désormais,je m'assume complètement". Avec l'art et la manière.

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Édité par le Conseil de la Musique, il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

Le n°31 de Larsen est disponible dans divers dépôts.

Prochains concerts

Kùzylarsen sera en concert le 24 janvier au Cercle des Voyageurs à Bruxelles, le 26 janvier au Spacium à Hamme-Mille, et le 2 février à Fleurus.

plus d'infos sur sa page Facebook