Warcraft : une vache à lait caillé

Warcraft : une vache à lait caillé
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Warcraft : une vache à lait caillé - © WoW Legion

La sortie le 7 mars d’un livre inspiré de l’univers Warcraft semble être la dernière cartouche pour attirer des jeunes joueurs sur WoW, la saga qui a beaucoup trop duré.

 

Dans un précédent article, nous avions déjà évoqué la perte de vitesse de la saga WoW, la faute à une perte d’identité inhérente à une incapacité à se renouveler. Blizzard, l’éditeur du jeu a trop tiré sur la corde en vendant l’image de Warcraft sur toute sorte d’objets dérivés (un exemple ci-dessous). En plus du jeu, des goodies, des livres, des jeux de société, des mangas, des comics et après le (très mauvais mais rentable) film de Duncan Jones, le fils de David Bowie en 2016, Bayard annonce la sortie d’un roman jeunesse inspiré de l’univers WoW. Quand faut-il arrêter le massacre ?

 

Pourtant, World of Warcraft” a fait les beaux jours de Blizzard et détient le record de la plus grande longévité pour un objet de ce genre : 14 ans. WoW est entré au Panthéon de la culture geek. Le pendant multi-joueurs de Warcraft est devenu un véritable phénomène de société dès sa sortie en 2004. Il est le MMORPG (Massively Multiplayer Online Role-Playing Game) le plus joué au monde, ayant atteint jusqu’à 12 millions d’abonnés en 2010. Mais deux ans après avoir côtoyé les sommets, la saga n’a cessé de perdre des fidèles, excepté un sursaut pour les 10 ans en 2014 et en 2016 pour la sortie de l’extension Legion”. Aujourd’hui, on estime le nombre de joueurs entre 6 et 7 millions. Une perte de vitesse mais une base d’utilisateurs qui reste quand même importante, raison pour laquelle Blizzard ne veut pas lâcher.

 

Ce qui se remarque au niveau des statistiques, c’est que le public du jeu est vieillissant et ne se renouvelle que très peu. Une grosse partie des joueurs sont en fait ceux de la première heure : plus de la moitié d’entre eux ont maintenant plus de 30 ans et restent sur WoW par pure nostalgie. Selon les avis des adeptes, en plus d’être déçus par la franchisation de leur jeu préféré, celui-ci aurait perdu en qualité avec des extensions aux quêtes beaucoup trop longues et une attente aussi trop étendue entre les différentes sorties. Les WoWers ont été pris d’un ennui encore plus grand quand ils ont vu que leur expérience ne comptait plus pour battre les noobs”. Le jeu est devenu un circuit fermé de frustration auto-alimenté par les mauvais choix de l’éditeur. 

Alors pour relancer encore une fois la machine, Warcraft se tourne désormais vers la littérature jeunesse. World of Warcraft T.1 ; traveler” de Greg Weisman raconte les aventures d’Aram, un jeune garçon de 12 ans. Abandonné par son père, celui-ci réapparaît soudainement dans sa vie pour l’embarquer dans une aventure à bord d’un bateau. Mais la balade nautique tourne mal quand l’équipage se fait attaquer par des pirates. Ce roman qui se voudrait le premier d’une longue série semble être la dernière parade pour attirer les plus jeunes, le but est de les initier à l’univers de WoW et en faire de futurs joueurs. Passer du jeu vidéo au papier, une stratégie du futur ?