"Veiller au grain", quel grain ?

Moving The Gorch Fock To Another Berth
Moving The Gorch Fock To Another Berth - © Jens Bttner - ISOPIX

L’expression "veiller au grain" vous évoque le paysan appuyé sur son râteau, surveillant la pousse de son champ ? Détrompez-vous, son origine est toute autre.

Hissez haut, matelots !

Pour mieux la comprendre, levons les voiles et projetons-nous dans l’univers – non pas agraire mais maritime – du milieu du XIXe siècle. À mille lieues du fruit de végétaux auquel on l’assimile, le "grain" constitue, ici, une tempête de vent imprévisible, un coup de vent brutal et soudain dont il faut se méfier.

À l’époque, cette bourrasque était particulièrement crainte par les marins qui devaient se préparer aux rafales, aux averses de pluie ou de grêle, parfois de neige, qui l’accompagnaient. Un bon matelot devait donc faire preuve d’une extrême vigilance pour pouvoir réagir si un "grain" s’abattait sur son navire.

Et "veiller au grain", aujourd’hui ?

Progressivement, l’expression est entrée dans le langage commun, lui conférant un sens plus large : "être prudent", "se tenir sur ses gardes", "veiller sur quelque chose ou quelqu’un avec une grande vigilance".

"Veiller au grain", aujourd’hui, c’est se méfier d’un événement qui pourrait nous être nuisible.

Chassés-croisés linguistiques

Nos amis anglais se sont également emparés de l’idée de tempête pour évoquer cette tendance à se tenir sur ses gardes face à une situation préjudiciable.

En effet, l’expression "to keep a weather eye" – littéralement "garder un œil météo" – peut se traduire en français par "veiller au grain".