Une anglaise à bicyclette, le nouveau roman de Didier Decoin

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- © rtbf

Le roman d’un amoureux des grandes histoires. Un passionné du romanesque. Chez Stock.

« Les histoires, c’est ce que j’aime depuis l’enfance. On me les lisait, j’en voyais au cinéma, et aujourd’hui c’est à mon tour de les raconter ».

Christine Pinchart a rencontré Didier Decoin :

C’est l’histoire d’un photographe anglais, veuf, qui va sauver la vie d’une petite indienne. Et après l’avoir déposée dans un orphelinat, il va la kidnapper parce qu’on ne veut pas la lui rendre ?

Didier Decoin : Oui, c’est drôle, parce qu’on lui dit, si on rend les bébés qu’on nous dépose, alors les gens, ils vont aller faire leurs courses, nous déposer leurs enfants et puis les reprendre. Donc, il vole cette petite fille, quatre heures après l’avoir déposée et il la ramène avec lui sur le bateau, direction l’Angleterre. Il a quand même traversé la moitié des Etats Unis en train avec cette gamine dans les bras, qui ne peut pas parler sa langue, mais il a des remords et finalement il l’emmène.

Il doit justifier cette adoption quand il arrive en Angleterre ?

Didier Decoin : On s’imagine que seule notre époque connaît des pulsions racistes, mais ça existait à la fin du 19° siècle. Cette petite fille est d’origine indienne, elle est ravissante mais ne ressemble pas à une petite anglaise classique. Pour l’intégrer, il lui invente une identité d’irlandaise, et de fille d’immigrés aux Etats Unis, sans argent et dans l’incapacité de lui donner une éducation. Ca se faisait à l’époque, sauf qu’il lui manque les tâches de rousseur ; mais il dissimule la vérité dans l’intérêt de la petite fille.

Dans un premier temps il l’adopte, ensuite il l’épouse, pour lui donner toutes les chances ?

Didier Decoin : Il y a une loi à l’époque qui autorise tout policier à arrêter quelqu’un dans la rue pour lui demander son passeport. Et elle n’a pas de papier, elle ne possède rien, donc, pour lui donner une identité, il l’épouse. Après avoir été son père, il devient son mari, fou amoureux, et elle aussi. Ensuite, il sera son ami, son protecteur, enfin ils vont former un couple idéal. 



 Nous sommes au début du 20° siècle, elle rêve d’un cheval et il lui offre un vélo et la liberté ?

Didier Decoin : Elle ne se rappelle pas son passé d’indienne, mais il y a des gènes. Et quand elle est dans la campagne anglaise face aux grands espaces, elle a envie de galoper.  Et comme le cheval c’est compliqué, il lui offre une bicyclette et la liberté qui va avec.  C’est exceptionnel pour l’époque, très peu de femmes font du vélo.

Le vélo a une connotation sexuelle ?

Didier Decoin : J’ai lu l’ouvrage d’un hygiéniste anglais de l’époque, qui prétendait qu’une fille qui faisait du vélo pratiquait un acte masturbatoire, et le fait de remuer les cuisses en rythme, provoquait des sensations libidineuses. C’était la théorie des médecins et des pasteurs aussi. Mais ils vont faire fi de tout cela, tous les deux, et partir à l’aventure. Ce qui justifie le titre du livre.

Il est veuf votre héros, il a perdu sa femme très jeune et il va retrouver au fil du livre, une certaine tendresse ?

Didier Decoin : Il pensait que la vie était finie et que son cœur ne battrait plus pour personne et finalement il renoue avec l’amour. Mais il y va prudemment parce qu’il a été brûlé une fois par le destin, il n’aimerait pas que cela recommence. Et cette petite indienne va le réconcilier avec la vie et avec le bonheur. D’ailleurs, tous mes personnages tendent vers le bonheur.

Nous sommes aussi dans l’Angleterre du surnaturel ; je vous laisse découvrir l’autre facette du livre, la rencontre avec les fées et la présence de Conan Doyle. Un plaisir !

Christine Pinchart

« Les histoires, c’est ce que j’aime depuis l’enfance. On me les lisait, j’en voyais au cinéma, et aujourd’hui c’est à mon tour de les raconter ».

Christine Pinchart a rencontré Didier Decoin :

C’est l’histoire d’un photographe anglais, veuf, qui va sauver la vie d’une petite indienne. Et après l’avoir déposée dans un orphelinat, il va la kidnapper parce qu’on ne veut pas la lui rendre ?

Didier Decoin : Oui, c’est drôle, parce qu’on lui dit, si on rend les bébés qu’on nous dépose, alors les gens, ils vont aller faire leurs courses, nous déposer leurs enfants et puis les reprendre. Donc, il vole cette petite fille, quatre heures après l’avoir déposée et il la ramène avec lui sur le bateau, direction l’Angleterre. Il a quand même traversé la moitié des Etats Unis en train avec cette gamine dans les bras, qui ne peut pas parler sa langue, mais il a des remords et finalement il l’emmène.

Il doit justifier cette adoption quand il arrive en Angleterre ?

Didier Decoin : On s’imagine que seule notre époque connaît des pulsions racistes, mais ça existait à la fin du 19° siècle. Cette petite fille est d’origine indienne, elle est ravissante mais ne ressemble pas à une petite anglaise classique. Pour l’intégrer, il lui invente une identité d’irlandaise, et de fille d’immigrés aux Etats Unis, sans argent et dans l’incapacité de lui donner une éducation. Ca se faisait à l’époque, sauf qu’il lui manque les tâches de rousseur ; mais il dissimule la vérité dans l’intérêt de la petite fille.

Dans un premier temps il l’adopte, ensuite il l’épouse, pour lui donner toutes les chances ?

Didier Decoin : Il y a une loi à l’époque qui autorise tout policier à arrêter quelqu’un dans la rue pour lui demander son passeport. Et elle n’a pas de papier, elle ne possède rien, donc, pour lui donner une identité, il l’épouse. Après avoir été son père, il devient son mari, fou amoureux, et elle aussi. Ensuite, il sera son ami, son protecteur, enfin ils vont former un couple idéal. 



 Nous sommes au début du 20° siècle, elle rêve d’un cheval et il lui offre un vélo et la liberté ?

Didier Decoin : Elle ne se rappelle pas son passé d’indienne, mais il y a des gènes. Et quand elle est dans la campagne anglaise face aux grands espaces, elle a envie de galoper.  Et comme le cheval c’est compliqué, il lui offre une bicyclette et la liberté qui va avec.  C’est exceptionnel pour l’époque, très peu de femmes font du vélo.

Le vélo a une connotation sexuelle ?

Didier Decoin : J’ai lu l’ouvrage d’un hygiéniste anglais de l’époque, qui prétendait qu’une fille qui faisait du vélo pratiquait un acte masturbatoire, et le fait de remuer les cuisses en rythme, provoquait des sensations libidineuses. C’était la théorie des médecins et des pasteurs aussi. Mais ils vont faire fi de tout cela, tous les deux, et partir à l’aventure. Ce qui justifie le titre du livre.

Il est veuf votre héros, il a perdu sa femme très jeune et il va retrouver au fil du livre, une certaine tendresse ?

Didier Decoin : Il pensait que la vie était finie et que son cœur ne battrait plus pour personne et finalement il renoue avec l’amour. Mais il y va prudemment parce qu’il a été brûlé une fois par le destin, il n’aimerait pas que cela recommence. Et cette petite indienne va le réconcilier avec la vie et avec le bonheur. D’ailleurs, tous mes personnages tendent vers le bonheur.

Nous sommes aussi dans l’Angleterre du surnaturel ; je vous laisse découvrir l’autre facette du livre, la rencontre avec les fées et la présence de Conan Doyle. Un plaisir !