Un festival pour "affronter ensemble" l’urgence environnementale

Face au changement climatique, aux menaces pesant sur la biodiversité, scientifiques, artistes, et militants écologistes dessineront des pistes pour changer la société lors du festival "Agir pour le vivant" à Arles (Bouches-du-Rhône), avec l’espoir d’organiser un volet africain en 2022.

"On ne s’en sortira pas si on ne se met pas dans une posture de coopération", entre la science et d’autres mondes et disciplines, a souligné pour l’AFP l’ancienne ministre française de la Culture et présidente du directoire des éditions Actes Sud, Françoise Nyssen, co-organisatrice de la deuxième édition de ce festival qui a débuté dimanche soir.

Le dernier rapport de l’ONU sur le climat estime que le seuil de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle sera atteint autour de 2030, 10 ans plus tôt que dans les précédentes projections, menaçant l’humanité de nouveaux désastres "sans précédent".

"Il faut affronter cela ensemble", poursuit cette biologiste de formation devenue éditrice, qui déplore "la pensée en silos".

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La militante écologiste indienne Vandana Shiva. © Belga Image
L’acteur français et producteur de spectacles équestres Bartabas pose lors d’une séance photo au Théâtre équestre Zingaro à Aubervilliers, en banlieue parisienne, le 25 octobre 2017. © AFP or licensors / Belga Image
La directrice de la Fondation européenne pour le climat, Laurence Tubiana lors de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique COP25.Madrid, 13 décembre 2019. © Belga Image
L’écrivain et économiste sénégalais, Felwine Sarr. © Patrice Normand/ Belga Image

Dans cette optique, le festival réunit jusqu’au 29 août, des personnalités aussi diverses que le botaniste Francis Hallé, la présidente de la Fondation européenne pour le climat Laurence Tubiana, le metteur en scène Bartabas, mais aussi des écrivains, des jardiniers, des spécialistes de l’éducation populaire, des entrepreneurs ou des juristes comme Marie Toussaint, autour des questions d’écocide.

La militante écologiste indienne Vandana Shiva, lutteuse acharnée contre les OGM, interviendra samedi en visioconférence.

L’écrivain et économiste sénégalais Felwine Sarr a ouvert le festival dimanche soir.

Défenseur d’une "économie du vivant" loin du modèle actuel "qui épuise la planète pour produire de nombreux produits superflus", il a prôné un changement profond du modèle économique et des valeurs qui l’animent.

"Les infirmières, les médecins, les caissières de supermarchés, tous les emplois liés aux soins, à ce qui entretient le vivant ont révélé durant cette crise leur caractère essentiel", a-t-il souligné.

"Mais les emplois qui contribuent à pérenniser la vie sont les moins bien rémunérés, on pourrait envisager un système différent", a-t-il plaidé devant une audience enthousiaste.

"Il faut une réévaluation de tous les secteurs de l’économie au regard de leur rôle dans le maintien de la vie", a ajouté celui qui est aussi coauteur du rapport demandé par Emmanuel Macron sur d’éventuelles restitutions à l’Afrique d’œuvres d’art premiers transférées pendant la colonisation.

Outre Felwine Sarr, une dizaine de personnalités africaines, dont le philosophe camerounais Achille Mbembe ou Momar Baby, géographe président de l’association Zéro déchet Sénégal, plancheront avec l’Agence française de développement campus pour imaginer des projets en Afrique et y organiser un volet du festival à Dakar en 2022.

Des ateliers pratiques comme "mener un potager en permaculture" sont aussi au programme ainsi que des soirées artistiques au théâtre antique romain.

Toutes les Conférences de 2020 en ligne

Les conférences de l’édition 2020 sont en ligne sur leur site web "Agir pour le vivant". Au total 24 conférences sont disponibles touchant à de nombreux thèmes comme "Pour une nouvelle alliance, entre humanité et biodiversité", "La médecine du vivant", "La création au cœur de l’action" ou encore "Pour une économie régénérative".