"Tout cela n'a rien à voir avec moi", le roman-collage de Monica Sabolo

Tout cela n' rian à voir avec moi
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Tout cela n' rian à voir avec moi - © Monica Sabolo

L'histoire d'un chagrin d'amour, à travers un roman illustré, émaillé de photos et de collages, pour traduire le sentiment qui réunit les êtres, sans distinction.

Rencontre avec Monica Sabolo, écrivain, et rédactrice en chef culture de Grazia

Comment qualifier cet ouvrage, à la forme si particulière ?

 

J'appellerais peut-être cela un roman-collage, avec une fiction et une vraie narration. C'est l'histoire d'un chagrin d'amour et de la rencontre d'une héroïne avec un garçon. Une histoire qui se déroule mal, une rupture et puis la reconstruction.

Alors la forme c'est peut-être une sorte de faux traité académique, comme une volonté de traiter des choses très rationnelles, cliniques, distantes, alors que l'on parle d'une affaire sentimentale, donc totalement irrationnelle.

Donc c'est un manuel de survie à un chagrin d'amour qui déraille complètement. Quant à la forme, ce sont des photos d'objets, qui dans une histoire d'amour, prennent une dimension magique. Des talismans comme les preuves que quelque chose existe. C'est à la fois déchirant, et un peu absurde et grotesque, puis à la fois drôle et tragique. Exemple, un briquet qui appartient à l'être aimé ou une note de restaurant, devient la trace que quelque chose s'est passé. Et les photographies d'objets révèlent cette dimension de la relique.

C'est un roman d'amour qui se termine mal; peut-on le qualifier de roman de résistance ?

C'est exactement un roman de résistance, et une volonté de transformation. Quelque chose qui vous met à terre, et c'est le drame le plus banal et le plus universel qui soit. Et c'est une volonté de reprendre le contrôle, avec plus ou moins de réussite, par le rire, la communication avec l'autre, donc oui c'est un manuel de résistance.

 

Vous voulez nous dire que le chagrin d'amour, c'est ce qui nous réunit tous ?

Parfaitement et je voulais en même temps soulever l'aspect unique de chaque histoire. C'est à la fois personnel et tellement semblable. C'est archétypale en fait, on passe tous par les mêmes états.

Chacun se retrouve dans les moments d'exaltation, de tristesse, de ruse, d'obsession, en ayant l'air détaché et je pense que c'est totalement universel.

 

Ce petit garçon au slip rouge, est-il le symbole de la séduction ?

 

Oui toutes ces histoires qui nous marquent, comme le premier amour et ce petit garçon qui n'a que huit ans et oblige l'héroïne à l'embrasser, c'est un choc. Un choc pour la petite fille qui ne pense pas du tout à l'amour, et qui le voit en slip rouge continuellement, avec sa volonté, sa détermination. On se souvient toujours du premier amour et c'est un choc.

 

Monica Sabolo : Tout cela n'a rien à voir avec moi-JCLattès

 

Il faut dépasser la forme de ce livre étrange, pour s'amuser et en savourer chaque instant.

Christine Pinchart