Tout ce que vous ne pourrez jamais lire dans le livre choc de la rentrée

Chapitre 13

Dîner entre amis. Au moment du dessert, il nous rejoint. Ma première rencontre avec François. Il est juste à ma gauche. " Normal pour un socialiste ", lui lance-je avec un peu de nervosité. Il ne réagit pas à mon trait d’humour. Ce qui me donne encore plus envie de le séduire. Oui, je veux le séduire. Cette pensée me frappe en un instant. Fulgurant. Pourtant j’en ai croisé des hommes politiques dans ma carrière de journaliste à Paris Match. Mais lui, c’est différent. Pourquoi ? Je ne me l’explique pas. En plus, il ne m’adresse pas la parole de toute la soirée, malgré mes nombreuses tentatives de nouer le contact. C’est seulement à la fin du repas qu’une amie me fait discrètement remarquer que je suis en train de parler depuis des heures à un pudding à la vanille. Je réalise alors que François est en réalité assis à ma droite. Je le regarde, interloquée. Puis je regarde le pudding à la vanille. La ressemblance est confondante. François me confie que cela lui arrive souvent.

Chapitre 14

Mon téléphone sonne à une heure du matin. " C’est François ". Je reconnais tout de suite sa voix. " Monsieur Hollande ? " Il ne me laisse pas le temps d’enchaîner. " Ben ouais, pas Mitterrand, crétine ! " Je reste sans voix. Il se reprend. " Pardon… C’est mon humour. Je peux être parfois mordant. Contrairement aux pauvres, parce que eux, ils n’ont pas de dents. Ah ah ah ! Elle est bonne, non ? Par contre, les chiens des pauvres ont des dents, parce qu’ils appartiennent à la race canine. Ah ah ah ! Je connais aussi des supers blagues sur les nains, vous en voulez une ? Mais je vous préviens : parfois, c’est du grand nain porte quoi. Ah ah ah ! "

Je m’énerve. " C’est pour cela que vous m’appelez en pleine nuit ? " Silence au bout de la ligne. Son ton se fait plus sérieux. " Non. Pardon. Vous me troublez, Valérie. Je n’arrête pas de penser à vous depuis ce dîner. J’ai bien vu qu’il se passait quelque chose entre vous et ce pudding à la vanille. Mais si jamais votre histoire ne devait pas aller plus loin… " Je me surprends à lui répondre avec empressement. " François ! Il n’y a rien entre ce pudding à la vanille et moi. Il ne m’a même pas raccompagnée. Et je n’ai plus eu de ces nouvelles depuis. Je… Je suis libre "

Mais pourquoi lui ai-je dit tout cela ? Il se détend. " Vous n’êtes pas avec le pudding à la vanille ? Pas de quoi en faire un flan, alors ! Ah ah ah ! Moi je suis toujours avec l’âne du Poitou (c’est le surnom qu’il donne à Ségolène). Mais je me dis que tout homme politique digne de ce nom doit avoir une maîtresse. J’ai décidé que ce serait vous. " J’en reste sans voix. Moi, la maîtresse ? La deuxième femme ? Je m’emporte. " Hors de question ! Je ne suis pas ce genre de personne. " Il me coupe la parole. " J’arrive en scooter. Parlons-en autour d’une coupe de champagne ". Je crie, en mettant des points d’exclamation à chaque fin de phrase. " Jamais de la vie ! Je vous interdis de venir chez moi ! Je ne vous ouvrirai pas ! N’insistez pas ! Je ne changerai pas d’avis ! " Je lui raccroche au nez, et me jure de ne plus jamais lui adresser la parole. Moi, la maîtresse de François Hollande. Jamais ! Jamais !

Chapitre 15

Je suis la maîtresse de François Hollande.

Chapitre 23

Réunion au sommet. Tout le parti socialiste est convoqué. Je deviens l’officielle, non sans une certaine fierté. François me les présente un à un. Je découvre avec surprise qu’il ne les appelle pas par leur nom, mais par leur surnom. Le petit taureau au chorizo (Manuel Valls), la Dany Boon pas drôle (Martine Aubry), Jeanne Dark (Christiane Taubira), Droopy (Laurent Fabius), la momie (Jack Lang) Picsou (Jérôme Cahuzac) ou encore Frankenstein (Jean-Marc Ayrault, également surnommé " Le Premier Sinistre "). Et tous ont également un surnom pour François : Yop laid.

J’ai parfois l’impression qu’ils ne s’aiment pas.

Chapitre 67

François m’a convoquée à l’Elysée. Il a quelque chose à me dire. Depuis quelques mois, il a pris ses distances avec moi. Il a beau me jurer que tout va bien, je sais qu’il me cache quelque chose. Il me parle beaucoup d’Angela Merkel ces derniers temps. Serait-ce possible ? Non. Il la surnomme la Schnitzel trop cuite. Et il déteste les Schnitzels trop cuites. Je rentre dans le bureau. François se lève aussitôt et s’éloigne de moi. Il fuit mon regard, je le vois bien. Il se dirige vers une commode Louis XVI, l’ouvre et appuie sur la touche play d’un lecteur CD. Des notes de piano retentissent. Le générique du feuilleton " Les feux de l’amour ". Il se dirige vers la fenêtre tandis que les notes envahissent l’espace.

  • Valérie… Je dois te révéler un lourd secret
  • Je t’écoute, François
  • Ce que j’ai à dire n’est facile à dire, Valérie.
  • Tu sais, François. La meilleure façon de dire les choses, c’est encore de dire les choses.
  • C’est vrai. Tu as raison, Valérie. Parfois, la meilleure chose de dire les façons est de façon les choses dire.
  • Tu deviens confus, François. Qu’as-tu à me dire ?
  • Voilà… Je… Je suis tombé amoureux de Julie.
  • Julie ? La cousine par alliance de Brad, le neurochirurgien qui a opéré Samantha, la cousine d’Andrew ?
  • Non, tu confonds avec Suzanna, la veuve du frère de Peter, le neveu de l’oncle de John, l’avocat d’affaires qui a eu un accident de ski nautique à bord de son jet privé.
  • Alors je me souviens de Julie. Cette garce.
  • Tu n’as pas le droit de dire ça, Valérie. Julie est une femme formidable. Et je l’aime.
  • Arrête, François. Je vais me suicider en sautant par la fenêtre
  • Ne fais pas ça, Valérie. Je t’en conjure. On est au rez-de-chaussée. Tu auras l’air encore plus conne.
  • C’est donc comme cela que tu me vois, François ?
  • Non, je te vois avec mes lunettes, Valérie. Ne dis pas de bêtises.

François se dirige vers le bar et se sert un verre de whisky. La musique continue de plus belle. Il allume un feu de cheminée. Je lui fais remarquer qu’il n’y a pas de cheminée dans ce bureau. Il se retourne d’un geste brusque.

  • Valérie. Je dois te révéler un autre lourd secret.
  • Je t’écoute, François.
  • Voilà… Je… Je ne suis pas socialiste. Je ne l’ai jamais été. Je n’en ai rien à foutre des petites gens. Seul le pouvoir m’intéresse.
  • Oui… Et quel est ton secret, François ? Parce que ça, tout le monde le sait depuis bien longtemps.
  • Ah…

 

Chapitre 79

Voilà. C’est fini. Je reprends ma liberté. Tout ce que j’ai vécu, mes souffrances, mes chagrins, mes joies, mes peines, mes humiliations, mes colères, mes doutes, mes envies, mes espoirs, je les garderai pour moi. Mon histoire. Notre histoire. Jamais je ne l’étalerai sur la place publique. Je ne m’abaisserai pas au niveau de cet homme qui m’a tant fait souffrir. Je n’ajouterai pas du sordide au sordide. Cette époque est déjà assez voyeuriste comme ça. J’ai ma dignité. Et c’est cela le plus important : ma dignité. Ma dignité...

Chapitre 80

C’est pas mal comme titre, " Merci pour ce moment ".

 

Christophe Bourdon