Tintin, une source d'inspiration aussi pour la scène

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Outre le cinéma, les aventures de Tintin ont inspiré des spectacles pour le théâtre ou la comédie musicale, avec le souci de retranscrire l'univers de Hergé tout en l'adaptant aux spécificités de la scène.

L'auteur de Tintin lui-même a été le premier à tenter l'expérience du théâtre. En 1941, Hergé a écrit avec son ami Jacques Van Melkebeke "Tintin aux Indes: le Mystère du diamant bleu", une pièce policière et exotique en trois actes. La pièce a connu un succès public à l'époque, mais n'est pas passée à la postérité. Ce sont plutôt les bandes dessinées qui donnent lieu aujourd'hui à des spectacles. Parmi eux, "Tintin au Tibet" a inspiré une pièce jouée en 2007 et 2008 à Londres, "Hergé's adventures of Tintin".

"Les Bijoux de la Castafiore" ont été mis en scène par la compagnie suisse Am Stram Gram, qui reprend ce spectacle à Bruxelles en novembre. Pour Christiane Suter, l'un des deux metteurs en scène de la pièce avec Dominique Catton, le choix des "Bijoux de la Castafiore" s'est imposé notamment "parce que c'est un album qui a tous les ingrédients du théâtre". "Il y a une unité de temps, de lieu et d'action", explique-t-elle. "C'est aussi éminemment théâtral parce qu'il y a des personnages extrêmement forts" et que "c'est une véritable écriture" avec "des rebondissements, des scènes, avec un univers sonore très important".

La comédie musicale s'est aussi emparée du héros à la houppette : les albums "Les Sept Boules de cristal" et "Le Temple du Soleil" ont donné lieu en Belgique à un grand spectacle, "Tintin, le Temple du Soleil", qui a attiré plus de 250.000 spectateurs.  Mais le passage des personnages de papier à la vie sur scène a présenté des difficultés.

"Le choix des images était difficile", indique Frank Van Laecke, le metteur en scène de "Tintin, le Temple du Soleil", expliquant que "l'univers de Tintin est très exigeant", avec beaucoup de lieux. Par exemple, "ce n'était pas facile de trouver les moyens de passer en cinq secondes d'une chute d'eau au temple du soleil".

"Les Bijoux de la Castafiore" comporte moins de lieux, puisque tout se passe entièrement à Moulinsart et dans les environs. Mais "les difficultés que l'on a rencontrées, c'est qu'il y a un montage très cinématographique dans l'album, comme on le voit souvent beaucoup dans les BD, avec des ellipses, du champ/contre-champ", explique Christiane Suter. L'équipe a dû travailler notamment sur les différents plans de la scène, tandis que certains épisodes ont dû être inversés ou supprimés, des personnages enlevés et Milou incarné par une marionnette.

Au final, malgré ces contraintes, le théâtre fait exister les personnages de Tintin.

"On voit bien que ce qu'on apporte de plus aux amoureux de la BD qui viennent au théâtre, c'est ce contact et l'incarnation qu'offrent seulement les arts vivants", estime Christiane Suter.

"Les personnages étaient vraiment là en vie. Ce n'était pas des personnages en carton ou en deux dimensions, tous avaient une âme et un coeur", renchérit Frank Van Laecke.

AFP RELAX NEWS