Stalag IIb : Amertume et Kartoffeln

Douze jours de guerre, 1680 de captivité, ainsi pourrait se résumer le nouveau Tardi, qui abandonne cette fois sa période de prédilection jusqu'ici : la grande guerre, la der' des der' croyait-on, pour nous raconter la guerre de son père René, engagé volontaire - quelle honte - dans  les chars.

Il nous raconte surtout la captivité de René, l'essentiel de l'histoire se déroulant en Poméranie dans le Stalag IIb où, après un long périple ferroviaire, la glorieuse, mais défaite, armée française se voit emprisonnée.  La survie y est faite de débrouilles et de compromissions parfois, l'important finalement étant de tenir le coup dans le froid et les privations.

Tardi prend le biais de raconter l'histoire sous la forme d'un dialogue - imaginaire, il n'est même pas né à l'époque - avec son paternel, se mettant en scène dans les combats de chars et dans la vie quotidienne du camp.  Il y a d'ailleurs peu d'autres dialogues dans l'album.

Comme à l'accoutumée, le regard de Tardi - fils - n'est pas tendre, ni avec son père, ni avec ceux qui l'ont amené à se retrouver dans un camp de prisonniers.  Tardi l'antimilitariste s'en donne à cœur joie contre les officiers et les politiciens de l'époque, sûrs d'eux jusqu'à l'arrogance et certains de la domination de l'armée française - la meilleure du monde.

 

En bref : un album pour ceux dont le grand-père en est revenu - ou pas - et les amateurs d'Histoire.

 

Moi René Tardi Prisonnier de Guerre au Stalag IIb par TARDI chez Casterman.

Denis MARC