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I F*ck*ng Love Paris
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I F*ck*ng Love Paris - © CASTERMAN / Vande Wiele

Dans "I F*ck*ng Love Paris", Maarten Vande Wiele soulève le voile de soie des turpitudes du monde des fashionistas

Elles sont trois : Hope, Chastity et Faith. Chacune a un désir particulier, la première veut faire partie du monde de la mode, la seconde est obsédée par l'argent, la troisième veut être chanteuse. Colocataires, nos trois drôles de dames vont tout faire pour réussir dans leur branche respective, quitte à se perdre dans le sexe ou la drogue. Entre destin à la Amy Winehouse et carrière de Pornstar, aucune n'échappera à la cruauté d'un monde où tout doit briller quelles qu'en soient les conséquences.

 

C'est plus particulièrement le trajet de Hope, la fashionista aux grands yeux candides, que l'on suit dans ce fort volume en deux parties. Si à la fin de la première, l'espoir d'une carrière est bien présent, dans la seconde intitulée "I Fucking Hate Paris" c'est la chute aux enfers qui se dessine petit à petit.

 

On ne peut pas dire que VANDE WIELE et ses scénaristes Peter MOERENHOUT et Erika RAVEN fassent dans la demi-mesure : entre coups -très- bas, rails de coke, GHB et partouzes, la vision qu'ils offrent du monde de la mode ou du spectacle de manière générale est tout sauf idyllique. A l'immoralité et au cynisme des comportements, ils ajoutent une bonne dose de cruauté. On notera que les auteurs se sont amusés à indiquer en bas de page les noms des créateurs des tenues portées par les personnages.

Le dessin très particulier de Vande Wiele rappelle parfois le style des dessins animés : rondeurs, traits simples, grands yeux. Le parallèle s'arrête là, les scènes de sexe les plus explicites étant légion dans l'album, mais elles ne sont pas gratuites, car elles contribuent à rendre l'ambiance délétère du milieu décrit.

 

Au final, on se trouve là avec un album qui suscite autant le dégoût que la fascination, difficile de discerner ce qui est la réalité du fantasme dans le récit, d'autant que le monde de la mode traine une odeur de soufre sous ses paillettes.

 

En bref : le dark side de la mode, à ne pas mettre entre toutes les mains.

 

I F*CK*NG LOVE PARIS par Vande Wiele, Moerenhout et Raven chez Casterman

 

Denis MARC