Résistants oubliés

Résistants oubliés
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Résistants oubliés - © Glénat - Payen, Jouvray & Mouellef - 2015

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines…

8 mai 1945, la guerre s'achève et la France, qui se découvre 38 millions de résistants, en profite pour en oublier quelques-uns au passage. Qu'ils s'appellent Mamadou Addi Bâ ou Abdesselem Ben Ahmed, ils sont venus -parfois contraints- de Madagascar, d'Algérie ou d'Indochine défendre l'empire français. Certains faits prisonniers puis évadés ont repris les armes plutôt que la route du bled et sont morts en résistant à la barbarie. Mais dans une France libérée qui se veut plus "Boules-Béret-Baguette" que "Black-Blanc-Beur", ils n'avaient plus leur place et ont dû attendre quelques 60 années pour voir leur mémoire honorée.

 

Anniversaire de la Libération aidant, "Résistants oubliés" revient utilement sur leur histoire sous la forme de 3 courts récits indépendants, didactiques et documentés, complétés d'un dossier de 14 pages comprenant textes et témoignages illustrés de photo.

 

Olivier Jouvray et Kamel Mouellef se chargent de la scénarisation de ces récits émouvants d'hommes fiers de défendre des valeurs auxquelles ils croyaient, faisant fi des nationalismes stériles. Chaque épisode débute par une mise en situation historique et géographique avant de se centrer sur le personnage principal et d'en décortiquer l'action et l'influence. Beau travail de documentation, didactique sans être pesant.

 

Le dessin est assuré par Baptiste Payen, qui colorise également l'album. Les pages historiques sont en noir et blanc, les récits centrés sur les résistants en couleur. La mise en scène, classique, manque peut-être un peu de dynamisme dans les pages d'action. Mais pas de quoi bouder cet album, loin de là.

On pourra utilement compléter la lecture de cet album par celui paru chez Futuropolis en 2014 : "Le Tirailleur" de Bujak et Macola.

 

En bref : une œuvre utile et d'actualité, pour se souvenir.

 

Résistant oubliés par Payen, Jouvray et Mouellef chez Glénat

 

Denis MARC