Quels sont les gros prix littéraires remis cette semaine?

Les 4 derniers auteurs en lice pour le Goncourt : Paul Greveillac, David Diop, Nicolas Mathieu et Thomas Reverdy
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Les 4 derniers auteurs en lice pour le Goncourt : Paul Greveillac, David Diop, Nicolas Mathieu et Thomas Reverdy - © JOEL SAGET - AFP

Nous sommes en pleine semaine des gros prix littéraires français.  Ces prix sont très suivis en Belgique. Mais on a parfois du mal à comprendre la différence entre tous les prix de cette semaine : Femina, Médicis, Goncourt et Renaudot.

Le Femina a été créé en 1904 par 22 femmes en réaction au "machisme" du jury du Goncourt, qui préférait récompenser un auteur masculin que féminin. Aujourd’hui, plus d’un siècle après, le jury est toujours composé exclusivement de femmes, des auteures et des critiques littéraires. Le Médicis, lui, a été créé en 1958 pour couronner une ou un jeune auteur qui n’est pas encore découvert par le grand public. Là, les choses ont bien changé, il y a des jeunes auteurs qui sont primés, mais l'année dernière par exemple, c’était Yannick Haenel qui l’a reçu, qui n’est pas un inconnu !!!! en revanche ce qui est intéressant dans ce prix, c’est qu’il récompense aussi bien des récits, des nouvelles que des fictions. Le jury est composé par des auteurs, dont la plupart ont reçu ce prix précédemment.

Le Goncourt :  le prix le plus convoité par les auteurs et les éditeurs

Il n’est pas doté d’une somme, mais pour les auteurs, et les éditeurs, recevoir le Goncourt double ou triple les ventes, et si c’est un livre populaire comme "Au revoir là-haut", les ventes explosent. On achète le Goncourt, on ne le lit pas forcément, on l’achète pour l’offrir et c’est chaque année le cadeau le plus répandu pour ceux qui n’ont pas d’idées. On fait plus confiance au Goncourt aujourd’hui qu’il y a 15, 20 ans. Les magouilles internes entre membres du jury et éditeurs étaient courantes dans ces années-là. Et chaque année, on faisait une tournante. Ce qui n’intéressait pas le public belge, qui préférait les lauréats du Femina ou Médicis. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé. Le jury est plus jeune qu’il y a une vingtaine d’années.  Bernard Pivot, le président du jury est le vétéran, (83 ans,) mais Virginie Despentes n’a que 49 ans. Entre ces deux extrêmes, la plupart des auteurs ont entre 50 et 74 ans, et ce qui est intéressant c’est la diversité des styles des auteurs qui composent ce jury

Comment un auteur se retrouve-t-il dans les sélections du Goncourt ?

Ce sont les 10 membres du jury qui choisissent les auteurs sélectionnés dans les trois listes. Dès le mois de mai, et jusqu’à la fin de l’été, ils lisent les manuscrits qui paraîtront en août-septembre, lors de la rentrée littéraire. Tous les mardis, ils se retrouvent pour déjeuner chez Drouant, et le 7 septembre ils établissent leur première sélection composée de 15 romans. La deuxième sélection en comporte 8, elle est annoncée au début du mois d’octobre, et la liste des 4 finalistes est dévoilée fin du mois d’octobre. Notons qu’une année sur deux, c’est le Goncourt qui amorce la semaine des prix, l’autre année c’est le Femina. Ce qui peut parfois être problématique, lorsque certains auteurs se retrouvent sur les deux listes, car à la proclamation, tous les deux désirent avoir la primauté.

Le Renaudot est décerné quelques minutes après le Goncourt

Ce prix a été créé en 1926 par des journalistes et critiques littéraires qui attendaient les résultats de la délibération du Goncourt. Une trop longue attente, qu’ils ont mise à profit pour initier ce prix. Aujourd’hui, le jury est composé de 10 écrivains, journalistes et chroniqueurs.