Premier roman: Thierry Froger lauréat du prix "Envoyé par La Poste"

Première récompense de la rentrée littéraire, le prix "Envoyé par La Poste", qui distingue un premier roman, a été décerné mardi à Thierry Froger pour "Sauve qui peut (la révolution)".

Seul premier roman publié cette rentrée par Actes Sud, à la fois loufoque et savant, parfois déconcertant, ce livre dont le titre est un clin d'œil au film de Jean-Luc Godard "Sauve qui peut (la vie)", met justement en scène le célèbre réalisateur franco-suisse.

L'intrigue commence en 1988. La Mission du Bicentenaire de la Révolution française mandate JLG pour réaliser un film autour de 1789. On s'en doute: rien ne se passera comme prévu.

Godard accepte la commande avant de poser ses conditions. Le film, s'il doit se faire, ne portera pas sur le début de la Révolution mais sur la Terreur. JLG a trouvé un titre: "Quatre-vingt-treize et demi".

Le livre est construit comme un film de Godard. Trois temporalités se croisent: on voit Godard au travail (ou en train de procrastiner), rendant visite à son ami Jacques, ex-maoïste devenu historien spécialiste de Danton et père d'une jeune femme âgée de moins de 20 ans dont le charme ne laissera pas JLG indifférent; on suit la progression chaotique du synopsis du film; on découvre une uchronie où Danton ne connaîtra pas le destin tragique qui fut le sien et où l'on voit Robespierre, âgé de 95 ans, prendre le train.

Visiblement fin connaisseur de l'œuvre de Godard, Thierry Froger, 43 ans, remarqué en 2013 pour un recueil de poésie récompensé par l'Académie française, livre au passage une belle réflexion sur le cinéma et le tragique de l'Histoire.

Créé par la Fondation d'entreprise La Poste, déjà partenaire du prix Wepler, du prix Sévigné et du prix Clara, le prix "Envoyé par La Poste" est doté d'une prime de 2.500 euros pour le lauréat.

Le livre primé sera recommandé aux 500.000 postiers actifs et retraités et La Poste passera commande de 600 exemplaires à l'éditeur.

Huit ouvrages étaient en lice pour ce prix. Le jury était présidé par l'écrivain Olivier Poivre d'Arvor.