Paul Auster lauréat du Prix du Livre étranger France Inter/JDD

Ce roman de plus de 1.000 pages, traduit par Gérard Meudal, est sorti en librairie le 3 janvier (un an après sa publication aux États-Unis).
Ce roman de plus de 1.000 pages, traduit par Gérard Meudal, est sorti en librairie le 3 janvier (un an après sa publication aux États-Unis). - © AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

L'écrivain américain Paul Auster a reçu jeudi le Prix du Livre étranger France Inter/JDD pour "4321" (Actes Sud), gros roman vertigineux et labyrinthique qui nous fait suivre le parcours d'un certain Archibald Isaac Ferguson, appelé à vivre quatre vies différentes.

Ce roman de plus de 1.000 pages, traduit par Gérard Meudal, est sorti en librairie le 3 janvier (un an après sa publication aux États-Unis).

"4321", quatre chiffres comme une comptine enfantine ou un compte à rebours. On retrouve dans ce roman le Paul Auster qui nous avait enchantés avec "Moon Palace".

C'est en fait quatre livres en un que l'écrivain âgé de 70 ans propose à ses lecteurs. Le 3 mars 1947 (un mois jour pour jour après la naissance réelle de Paul Auster) naît dans une maternité du New Jersey (encore comme Paul Auster!) un certain Archibald Isaac Ferguson, fils unique de Rose et Stanley Ferguson. S'il ne l'avait déjà utilisé pour un de ses romans, Paul Auster aurait pu intituler son nouveau livre "La musique du hasard".

Archibald Isaac Ferguson ne va pas vivre une vie mais quatre. Tout est identique (il rencontrera dans chacune de ses vies la même femme) et pourtant, tout est différent. Magie de la fiction (déjà explorée au cinéma par Alain Resnais dans "Mon oncle d'Amérique"), Paul Auster ouvre la voie des possibles. 

Chaque choix, même le plus anodin, guide notre existence mais que se passerait-il si nous avions pris un chemin différent? Archibald Isaac Ferguson va avoir ce privilège.

Le lecteur perd parfois pied mais se rétablit toujours grâce à la maestria de l'auteur, qui avoue avoir mis trois ans à l'écrire.

L'écrivain était en lice face à quatre autres auteurs: Louise Erdrich pour "LaRose" (Albin Michel), Hari Kunzru pour "Larmes blanches" (JC Lattès), Maggie Nelson pour "Les Argonautes" (Sous-sol) et Arundhati Roy pour "Le ministère du bonheur suprême" (Gallimard).