On l'appelle "le Teckel"…

Guy Farkas est "le Teckel" surnom gagné dans le petit monde des visiteurs médicaux, ces héros des temps modernes qui gagnent leur vie en persuadant les médecins de prescrire le médicament de leur laboratoire plutôt que celui de la concurrence. Rude affaire en l'occurrence, car la molécule précédente des laboratoires Duprat a provoqué quelques décès inopinés, mais Farkas est le meilleur, une légende, avec le look d'un Jean-Pierre Marielle droit sorti des Galettes de Pont-Aven, moustache et pattes d'eff' comprises. On lui adjoint Jérémy un petit jeune qui débute pour le former, et les voilà partis sur les routes de France. Mais la vraie mission de Jérémy est de surveiller le Teckel… ou est-ce l'inverse ?

 

Chroniques acerbe d'un monde pharmaceutique déjà égratigné dans Les Cobayes, le Teckel est aussi une galerie de portraits mixée avec une sorte de road-movie jouant sur le ressort classique des protagonistes que tout oppose : âge, mentalité, look…

 

Hervé Bourhis assure à la fois dessin et scénario de cet album issu des publications du Professeur Cyclope, la revue numérique déjà citée ici. Les personnages sont typés et hauts en couleurs. Les citations de Rimbaud que place Farkas à tout bout de champ ajoutent encore au ton décalé de l'album

Le dessin de Bourhis caricatural à souhait dans les personnages est volontairement minimaliste dans les décors. Il s'accompagne de couleurs en aplats dans les teintes bleu-vert qui s'adaptent à toutes les péripéties de l'histoire.

 

En bref : un album one-shot au cynisme assumé et jouissif

 

Le Teckel par Hervé Bourhis chez Professeur Cyclope / Casterman

 

Denis MARC

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Le Teckel © Professeur Cyclope / Casterman - Bourhis