Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, une histoire immortelle

Illustration issue du manuscrit original de Notre Dame de Paris
Illustration issue du manuscrit original de Notre Dame de Paris - © Wikipedia

Combien de fillettes ont rêvé d’être Esméralda? Combien de lecteurs ont senti monter les larmes quand Quasimodo a été élu pape des fous ? Combien ont tremblé face à la cruauté de Claude Frollo? Et surtout, combien sommes-nous à être entrés dans Notre-Dame sur leurs pas, à avoir jeté notre regard au loin, sur ce Paris de la fin du Moyen Âge, du haut des deux tours ? Que nous soyons Français ou non, d’ailleurs.

Parce qu’on au fond, Notre-Dame de Paris, c’est elle le personnage principal du roman. Victor Hugo ne nous indique rien d’autre en intitulant son livre fleuve Notre-Dame de Paris.

Un plaidoyer pour la préservation du patrimoine

Notre-Dame de Paris est un joyau architectural. Une cathédrale. De celles qui ouvrent leurs portes aux riches, aux pauvres, aux croyants, aux non-croyants. Aux bohémiennes. Notre-Dame de Paris sera le refuge d’Esméralda et Quasimodo, protégés par le droit à l’asile que leur confère cette église.

Cette cathédrale est de celles qui rassemblent… Ces lieux publics qui unissent au-delà des croyances. De celles qui sont en danger aussi. C’est cela que Victor Hugo veut dénoncer quand il publie son roman en 1831.

Cette cathédrale est de celles qui rassemblent… Ces lieux publics qui unissent au-delà des croyances. De celles qui sont en danger aussi. C’est cela que Victor Hugo veut dénoncer quand il publie son roman en 1831. Hugo écrit une œuvre politique. Un plaidoyer pour la préservation du patrimoine à une époque où les entreprises de démolition sont à l’œuvre, au XIXe siècle. Et Notre-Dame de Paris est une vieille dame née sept siècles avant l’écrivain. Elle a besoin d’une solide béquille pour se maintenir debout. Elle a besoin de créativité et de savoir-faire.

Un roman et ensuite une loi

Le plaidoyer de Victor Hugo sera d’ailleurs entendu. Même si Balzac ironise en évoquant la prétention architecturale de Hugo, le roman attire l’attention sur l’état de Notre-Dame à l’époque. Et quelques années plus tard, en 1845, une loi sera promulguée pour la restaurer. La flèche sortie de l’imagination de Viollet-le-Duc en est le résultat. Cette flèche que les Parisiens, que les amoureux des cathédrales et de ce qu’elles incarnent ont vu s’effondrer et disparaître dans les flammes ce 15 avril. 

Que ressentirait Victor Hugo s’il assistait à l’incendie de sa cathédrale, cet incendie qu’il a lui-même imaginé ? Qu’écrirait-il aujourd’hui ? Probablement un plaidoyer. Pourrait-il se douter que son livre s’arrache sur certaines plateformes et dans les librairies à l'heure où la cendre a remplacé le bois ? Que son livre est aussi un refuge...en d’autres mots, la mémoire de Notre Dame ?

Comme l’écrivait le poète Gérard de Nerval :

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
Alors ils croiront voir la vieille basilique.
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique.
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort. 
"