« N’ayez pas peur nous sommes là », le nouveau roman de Janine Boissard

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- © rtbf

« Mes personnages sont les héros du 21° siècle. A une époque où l’on ne pense qu’à soi, ils ne pensent qu’aux autres ».

Christine Pinchart a rencontré Janine Boissart :

Grâce à vous, Janine Boissard, on pose un autre regard sur un métier mal connu, surtout quand il est pratiqué par une femme ?

Janine Boissart : J’aime beaucoup raconter les belles aventures de femmes. Je l’avais fait avec « Une femme en blanc », c’était une femme chirurgien. Je l’avais fait aussi avec « Marie Tempête », une femme qui reprenait le chalutier de son mari. Mais depuis longtemps j’avais envie de raconter la belle aventure d’une femme pompier ; une femme sur dix seulement occupe cette fonction. Ce sont des femmes qui prennent des métiers d’hommes, avec leurs qualités propres, plus tendre et maternelle ; ce sont je pense des qualités supplémentaires, avec une autre approche.

Difficile d’imaginer écrire ce livre sans aller y voir de plus près ?

Janine Boissart : Ce fut l’expérience la plus passionnante de ma carrière d’écrivain. Et la plus difficile, je ne le cacherai pas, parce que je vais toujours sur le terrain quand je raconte une histoire.  Alors j’ai passé plusieurs journées de feu comme on dit, et j’ai suivi les pompiers de la caserne, dans toutes les interventions. Et je reste marquée par ma première intervention, où j’ai vu un homme mourir. C’était un postier que les pompiers ont essayé de réanimer pendant une heure, avec acharnement. Ensuite, je les ai vus agir auprès de l’entourage de ce postier, avec tellement d’humanité ; vraiment, en une heure, j’ai beaucoup appris.

Ninon est votre personnage principal ; c’est une jeune maman seule avec son enfant. Existe-t-elle ? Vous la racontez comme si c’était une amie ?

Janine Boissart : Elle n’existe pas, mais c’est dans la peau de Ninon que je me suis mise ; jeune femme de trente ans, mère célibataire comme beaucoup de femmes aujourd’hui. Je me suis mise ensuite dans la peau de la mamy, parce que j’ai dix petits enfants, et je sais combien les grands-mères doivent rassurer dans ces cas-là.

Vous conjuguez cet univers là, avec une histoire d’amour. C’était indispensable de lui donner aussi cette dimension plus romantique ?

Janine Boissart : Oui, je m’intéresse autant à leur métier, qu’à leur vie personnelle. Je ne conçois pas d’écrire un livre comme celui-ci, sans une belle histoire d’amour. Et  le titre, « n’ayez pas peur », est valable pour elle, car en effet après ce qu’elle a vécu, elle a peur d’aimer à nouveau.



 C’est un métier qui induit la culpabilité ?

Janine Boissart : Il ne faut pas croire que les pompiers sont endurcis, parce que s’ils l’étaient, ils exerceraient mal leur métier.  Mais ils auront toujours le sentiment de n’avoir pas fait assez. Il y aura toujours le remord ou la culpabilité. Et Ninon aura un double remord, de n’avoir pas pu sauver, et d’avoir exposé sa petite fille.

 Soldat du feu, c’est un métier beaucoup plus vaste qu’on l’imagine. Il faut être en empathie, rassurer, donner les premiers soins entre autres ?

Janine Boissart : Il faut savoir que soixante-quinze pour cent du boulot des pompiers, ce n’est pas d’éteindre des feux,  on a des moyens maintenant pour éteindre des feux rapidement.  C’est l’aide à la personne, c’est-à-dire ramasser le papy qui est tombé, prévenir un suicide,  intervenir lors d’une bagarre, ou encore rassurer.  Ils disent eux-mêmes en riant, qu’ils font un boulot d’assistant social.  Ils sont toujours en première ligne, ils évaluent la situation, et ce sont eux qui décident d’appeler le Samu, ou un hôpital, ils sont un peu tout.

Un petit mot de cette parenthèse enchantée, qui emmène le lecteur sur l’île de Ré ; un endroit que vous connaissez bien ?

Janine Boissart : J’ai eu envie d’aérer mon histoire, et lorsque je me suis aperçue qu’à deux heures de Loches, la ville où se situe mon histoire, on trouve l’île de Ré, qui est une île magnifique,  je n’ai pas hésité. Et j’ai inventé un personnage qui m’a été très utile ; une sorte de sage,  comme il en existe dans les îles. Il vit dans une grotte, il va éclairer Ninon sur elle-même, et l’aider à avancer.  Et Ninon qu’on surnomme volontiers ni oui, ni non va apprendre à s’assumer, comme femme, comme mère et comme pompier.

Les grandes valeurs de la famille, mais dans un contexte original ; à découvrir.

Christine Pinchart

Christine Pinchart a rencontré Janine Boissart :

Grâce à vous, Janine Boissard, on pose un autre regard sur un métier mal connu, surtout quand il est pratiqué par une femme ?

Janine Boissart : J’aime beaucoup raconter les belles aventures de femmes. Je l’avais fait avec « Une femme en blanc », c’était une femme chirurgien. Je l’avais fait aussi avec « Marie Tempête », une femme qui reprenait le chalutier de son mari. Mais depuis longtemps j’avais envie de raconter la belle aventure d’une femme pompier ; une femme sur dix seulement occupe cette fonction. Ce sont des femmes qui prennent des métiers d’hommes, avec leurs qualités propres, plus tendre et maternelle ; ce sont je pense des qualités supplémentaires, avec une autre approche.

Difficile d’imaginer écrire ce livre sans aller y voir de plus près ?

Janine Boissart : Ce fut l’expérience la plus passionnante de ma carrière d’écrivain. Et la plus difficile, je ne le cacherai pas, parce que je vais toujours sur le terrain quand je raconte une histoire.  Alors j’ai passé plusieurs journées de feu comme on dit, et j’ai suivi les pompiers de la caserne, dans toutes les interventions. Et je reste marquée par ma première intervention, où j’ai vu un homme mourir. C’était un postier que les pompiers ont essayé de réanimer pendant une heure, avec acharnement. Ensuite, je les ai vus agir auprès de l’entourage de ce postier, avec tellement d’humanité ; vraiment, en une heure, j’ai beaucoup appris.

Ninon est votre personnage principal ; c’est une jeune maman seule avec son enfant. Existe-t-elle ? Vous la racontez comme si c’était une amie ?

Janine Boissart : Elle n’existe pas, mais c’est dans la peau de Ninon que je me suis mise ; jeune femme de trente ans, mère célibataire comme beaucoup de femmes aujourd’hui. Je me suis mise ensuite dans la peau de la mamy, parce que j’ai dix petits enfants, et je sais combien les grands-mères doivent rassurer dans ces cas-là.

Vous conjuguez cet univers là, avec une histoire d’amour. C’était indispensable de lui donner aussi cette dimension plus romantique ?

Janine Boissart : Oui, je m’intéresse autant à leur métier, qu’à leur vie personnelle. Je ne conçois pas d’écrire un livre comme celui-ci, sans une belle histoire d’amour. Et  le titre, « n’ayez pas peur », est valable pour elle, car en effet après ce qu’elle a vécu, elle a peur d’aimer à nouveau.



 C’est un métier qui induit la culpabilité ?

Janine Boissart : Il ne faut pas croire que les pompiers sont endurcis, parce que s’ils l’étaient, ils exerceraient mal leur métier.  Mais ils auront toujours le sentiment de n’avoir pas fait assez. Il y aura toujours le remord ou la culpabilité. Et Ninon aura un double remord, de n’avoir pas pu sauver, et d’avoir exposé sa petite fille.

 Soldat du feu, c’est un métier beaucoup plus vaste qu’on l’imagine. Il faut être en empathie, rassurer, donner les premiers soins entre autres ?

Janine Boissart : Il faut savoir que soixante-quinze pour cent du boulot des pompiers, ce n’est pas d’éteindre des feux,  on a des moyens maintenant pour éteindre des feux rapidement.  C’est l’aide à la personne, c’est-à-dire ramasser le papy qui est tombé, prévenir un suicide,  intervenir lors d’une bagarre, ou encore rassurer.  Ils disent eux-mêmes en riant, qu’ils font un boulot d’assistant social.  Ils sont toujours en première ligne, ils évaluent la situation, et ce sont eux qui décident d’appeler le Samu, ou un hôpital, ils sont un peu tout.

Un petit mot de cette parenthèse enchantée, qui emmène le lecteur sur l’île de Ré ; un endroit que vous connaissez bien ?