Ma révérence

Vincent, trente ans, a tout pour déplaire : un peu lâche, un peu toxico, beaucoup glandeur en catégorie pro, il est passé de petits boulots en galère diverses.  Il a dépensé l’argent laissé par sa grand-mère dans un voyage en Afrique ou il a rencontré la jolie Rana son exact opposé : biologiste bosseuse, impliquée dans les projets humanitaires, à qui il a fait un enfant qu’il ne connait pas car il s’est enfui avant sa naissance.  Quand on vous parlait de lâcheté...  Mais là, il a décidé que sa vie allait changer

 

Gabriel Roquet dit Gaby Rocket, lui, est un looser pur jus, un parfait gros con, raciste et râleur qui plus est.  Avec son look de rocker des années 60 il est le degré zéro de la fiabilité.

 

Alors, l’idée que ces deux-là puissent même imaginer braquer un fourgon de transport de fonds ne pourrait venir à personne.

 

Sauf que Vincent veut se reprendre, il veut revoir Rana et son fils, il veut –avec l’argent du braquage- jouer les Robin des Bois en Afrique.  Pour ça, il va enlever le fils de Bernard, le convoyeur de fond, pour le forcer à lui remettre l’argent sans violence, avec une forme d’esthétisme.

 

Encore un polar ?  Oui …et non.  Car évidemment rien ne va se passer selon les plans prévus, l’histoire va prendre un tour inattendu dans lequel Gaby va se révéler.  Mais surtout, LUPANO (Le Singe de Hartlepool) et RODGUEN nous livrent une vraie belle histoire, émouvante et humaine de trois gars plus ou moins cabossés par l’existence et qui vont se croiser dans un braquage improbable.

 

Les dialogues et les descriptifs de l'excellent LUPANO sont drôles et percutants, les fréquents allers-retours qu’il fait faire à son récit lui donne un rythme et une densité particuliers comme on en voit peu.

Le dessin de RODGUEN qui vient de l’animation et dont c’est une des premières publications sont juste parfaits, pleins de dynamisme.  Tant les expressions des personnages que la mise en scène collent au récit.  On notera d’ailleurs justement la mise en scène de la jeunesse de Bernard qui est un pur bijou d’inventivité.

 

En bref : on lui attribuerait la Plus Grande Distinction et la Révérence du jury s’il fallait coter cet album de 124 pages.

 

Ma Révérence par RODGUEN et LUPANO chez DELCOURT

 

Denis MARC