Les Murmures de la terre, le nouveau roman de Véronique Biefnot

Véronique Biefnot
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Véronique Biefnot - © © David Ignaszewski-Koboy

Un thriller qui s’inscrit dans le rythme d’un périple en Bolivie. Une quête initiatique qui emmène le lecteur vers une série de mystères. Un trekking méditatif très prisé dans l’univers des bobos. Aux éditions Héloïse d'Ormesson.

Christine Pinchart a rencontré Véronique Biefnot : La raison de ce voyage pour Naëlle, c’est son problème d’amnésie ?

Véronique Biefnot : Elle a douze années de son enfance qui sont passées aux oubliettes. Elle entreprend ce voyage grâce à son amoureux, Simon qui est écrivain et qui a la possibilité de lui offrir ce périple qui va lui servir de thérapie. Il faut qu’elle sorte de cette enfance glauque, et sordide, et le voyage va lui révéler qui elle est.

On a le sentiment que vous avez parcouru la Bolivie en tous sens et que vous avez apprivoisé son rapport au temps ?

Je préfère dire la vérité, je n’y suis jamais allée. Je voulais que ce soit la Bolivie parce que mon personnage, qui est très grand et très beau, est gênée en Europe par son physique. Elle est très mal à l’aise avec les autres et je voulais qu’elle se retrouve perdue dans une immensité, comme un tout petit point dans un grand paysage. Un désert avec le rythme de la marche pour essayer de reconstituer sa mémoire. Un pas après l’autre comme un souvenir après l’autre qui revient. Et puis je voulais le rapport au chamanisme et un grand rapace qui est le Condor. Et comme il n’y a pas beaucoup de pays qui réunissent tout cela, j’ai commencé à bien me documenter sur la Bolivie. J’ai aussi des amis qui m’ont raconté leur voyage de l’intérieur, et cela a permis un gros travail de documentation. Mais j’ai aimé la distance que j’ai gardé, et la candeur. Et j’ai évité de mettre un voile en raison d’éventuels problèmes physiques que j’aurais pu ressentir. 

Le chamanisme ne s’apprend pas dans les livres. Il faut une confrontation directe pour en parler à ce point ?

Les voyages chamaniques qui sont décrits dans le livre je les ai tous faits. Mais je les ai vécus ici, avec une chamane allemande, en ayant recours à d’autres techniques qui s’apparentent à l’autohypnose.  Et je l’ai fait dans un premier temps, dans un objectif thérapeutique pour aider ma mère qui était en phase terminale de cancer. Et cela m’a ouvert des perspectives incroyables sur ce potentiel que nous avons en nous, d’auto-guérison ou simplement d’introspection.  

C’est quelque chose qui vous a séduite et convaincue ?

Je pense que ça peut aider de toute façon, tout comme la méditation, et je ne mets aucun mysticisme dans tout cela. J’y ai trouvé du bonheur, même si c’est difficile à conjuguer avec la douleur, mais notamment lors de mes trois accouchements annoncés comme problématiques.  Et je pense que chacun peut avec les moyens du bord, en se faisant sa petit tambouille, peut s’aider dans la douleur physique ponctuelle. Ça peut aussi aider à se poser des questions, et à les aborder sous un biais différent, sans la rationalité et en laissant plus guider pas son inconscient.

 

Véronique Biefnot est comédienne, metteuse en scène, elle a fait de la télé et publie son deuxième roman. Le deuxième tome d’une trilogie que l’on peut lire séparément. Un thriller d’un genre à part, qui invite à la méditation.

 

Christine Pinchart