Les livres de 2019 à offrir : Le choix d’Isabelle Monnart

Critique littéraire à la DH et Sous Couverture, Isabelle Monnart aime se pencher sur ces romans dont tout le monde parle. Voici ses coups de cœur d’auteurs confirmés, labellisés 2019.

 

Sérotonine – Michel Houellebecq (Flammarion)

Dans Sérotonine, Michel Houellebecq nous entraîne loin, un peu plus loin encore que dans ses précédents romans dont la noirceur – et une forme d’humour macabre qui le sauve – nous avait déjà laissés pantelants. Dénué "de raisons de vivre comme de raisons de mourir", le narrateur semble se parler à lui-même autant qu’au lecteur, même si, parfois, il s’adresse directement à lui, comme pour l’inviter à entrer dans sa sombre intimité.

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White – Brett Easton Ellis (Robert Laffont)

A défaut de travailler sur un nouveau roman – il jure qu’il n’en a ni l’envie ni l’idée (pour l’instant), Bret Easton Ellis s’est lancé dans un pamphlet, un essai au long cours, où, de sa plume toujours acérée, il décrit son petit monde tel qu’il est devenu. Soit bien plus éprouvant que tout ce qu’il avait imaginé dans Less Than Zero ou dans American Psycho. Un monde où sortir des clous, flirter avec les marges et ouvrir sa gueule ne semble plus possible.

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon – Jean-Paul Dubois (L’Olivier)

Que dire encore du dernier Prix Goncourt ? Que Jean-Paul Dubois signe un roman éblouissant, qui dit beaucoup du bonheur perdu, de la grâce des êtres aimés et de la liberté des hommes. Même emprisonnés. Et que toute l’humanité du monde semble réunie dans les pages de Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon. Ce roman au titre fleuve est sans doute le plus beau qu’ait signé Jean-Paul Dubois, qui nous avait pourtant déjà habitués à des merveilles.

Le ghetto intérieur – Santiago Amigorena (P.O.L)

Coscénariste de nombreux films de Cédric Klapisch, Santiago Amigorena est aussi un auteur prolixe. Depuis des années, il revisite l’histoire familiale et Le ghetto intérieur est sans doute le plus abouti et le plus bouleversant de ses romans. L’auteur remonte le temps jusqu’à l’aube de la Seconde guerre quand Vincente, ayant quitté la Pologne pour s’installer à Buenos Aires, découvre, de bien loin, les horreurs commises par les nazis en Europe. Au fil des pages, face à tant d’horreur, il va peu à peu s’enfermer dans le silence. Magistral.

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Sœur – Abel Quentin (L’Observatoire)

C’est un premier roman comme un uppercut que propose l’avocat Abel Quentin. Le néo-romancier décrit avec une justesse et une émotion incroyable le parcours déglingué de Jenny. Cette jeune neversoise, qui grandit dans une famille aimante, après une énième humiliation au lycée, en perte de repères, va peu à peu passer de l’autre côté, se "radicaliser" et projeter de commettre l’impensable.

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