Les jeunes ne lisent plus ! vous en êtes sûrs ?

Le rayon pré-ado à la Bibliothèque Sésame
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Le rayon pré-ado à la Bibliothèque Sésame - © RTBF Nicole Debarre 2019

"Les jeunes ne lisent plus, ils sont de moins en moins intéressés par la lecture, ils passent tout leur temps sur les réseaux sociaux!"

C’est ce que nous entendons fréquemment dans les médias. Et pourtant, de nombreux préadolescents "avalent" les livres, se nourrissent de leurs lectures. A la bibliothèque Sésame à Schaerbeek, nous avons rencontré Sasha, 12 ans et Arthur, 11 ans. Ils partagent la même passion depuis l’enfance.

Sasha : Je lis tout le temps. Je loue chaque semaine plusieurs romans à la bibliothèque. Par exemple, j’aime beaucoup la série "La vie compliquée de Léa Olivier", ou "Le journal d’une grosse nouille". Mais j’aime aussi d’autres types de livres comme "Un sac de billes", qu’on a vu au cinéma. Je suis en train de le lire et j’adore !!! J’aime aussi "L’histoire d’Helene Keller" de Lorena Hickok, un livre qui me touche, ça me permet de découvrir ce que des personnes ont vraiment vécu (être sourde et aveugle dès l’enfance)

Pourquoi aimes-tu ces séries ?

Dans ces séries, ce sont des personnes beaucoup plus âgées. Donc je peux aussi m’imaginer moi plus tard, avoir des disputes avec mon amie, ou me retrouver dans le bureau du proviseur à cause d’une grosse bêtise. "La vie compliquée de Léa Olivier", c’est un livre qui est écrit qu’avec des mails et des textos. Et donc ça ça veut vraiment dire que nous sommes en 2018-2019 ! C’est vraiment nouveau avec les tablettes, les smartphones, les ordis…

Mais ça raconte une histoire ?

Ça raconte l’histoire d’une fille qui a déménagé, et qui doit laisser toute sa vie derrière elle, et donc qui continue à communiquer avec ses amis et son amoureux.

Et Arthur ?

Arthur lit du matin au soir.

Arthur : Je lis aussi en classe, mon professeur me le reproche tout le temps. A la maison, pareil, mes parents me disent "arrête de lire, on passe à table!" … je leur réponds :  "attendez, je finis la page ! " comme ça je ne m’arrête pas en plein milieu d’une phrase.

Qu’est-ce que tu aimes lire ?

Comme Sasha, les romans d’aventure, les romans romantiques un peu moins, mais j’aime bien les histoires policières, les enquêtes où il y a du suspense. Par exemple Chérub. J’aime aussi la science-fiction comme "Time rider".

Qu’est-ce que ça t’apporte la lecture ?

Ça m’apprend des nouveaux mots. Et dans mon livre de science-fiction, ils voyagent dans le temps du coup j’apprends l’histoire. Ils sont allés en 1194 au siège de Nottingham, ils sont allés à l’époque des pirates, à l’époque des dinosaures, c’est vraiment passionnant !!!

A la Bibliothèque Sésame

Aurélie Ballesteros travaille dans le rayon jeunesse à la Bibliothèque Sésame.

Aurélie Ballesteros : Ce qui marche bien pour les jeunes ados les 9-14 ans, ce sont les séries avec un héros principal qu’ils peuvent suivre. J’imagine qu’ils peuvent s’identifier et suivre les péripéties de leur héros. Je pense au "Journal d’un dégonflé", une série plutôt humoristique. Ce qui marche très bien, c’est "La vie compliquée de Léa Olivier" plus axée filles, avec des sujets qui peuvent susciter leur intérêt quand on a cet âge-là par exemple les premiers amours ou les disputes entre copines. Ce qui marche très fort aussi c’est "Percy Jackson", un peu fantastique. Ou "Les aventures de Geronimo Stilton", l’histoire d’une petite souris journaliste qui fait des enquêtes. Entre le dessin et le texte, c’est un premier passage vers la littérature. Mais en tout cas, ce qui leur plaît, ce sont des sujets qui les touchent directement. Les premiers pas vers l’émancipation.

Quelle est la fréquence des jeunes à la bibliothèque ?

On a des lecteurs assidus, ce n’est pas une majorité, mais quelques pré-ados lisent tellement qu’on ne sait plus quoi leur proposer. Il y a des jeunes qui découvrent la bibliothèque, qui viennent avec leur classe, et qui reviennent ensuite. Mais vers 15-16 ans, on commence à les perdre. Ils sont moins intéressés par les livres, ils ont d’autres occupations. Nous savons que nous ne les verrons plus pendant quelques années, mais une fois sur deux, ils reviennent ! Avec leurs enfants, quand ils sont adultes.