Les derniers pour la route du lundi 25 février

Coulisses tournage LAD de Clémence Boulouque
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Coulisses tournage LAD de Clémence Boulouque - © Tous droits réservés

Une profusion de titres pour faire le plein de lecture, histoire d'aller encore plus loin sur les chemins de l'imaginaire et de la littérature!

Virginie Ollagnier, édition poche de "Rouge Argile" chez Liana Levi

Rosa vient de perdre Egon, son père " adoptif ", seul lien qui la rattache encore à sa maison d’enfance à Meknès, au Maroc. Venue pour un dernier adieu et pour régler la succession, prête à faire table rase de cet héritage qui l’encombre dans sa vie bien établie et bien réglée de Saint-Germain-en-Laye, elle va retrouver une part d’elle-même soigneusement enfouie, depuis vingt ans. Assaillie par des souvenirs encombrants et par la découverte de pans ignorés de l’histoire de ses parents, dévorée par l’affection de sa nourrice marocaine, étourdie par les récits de sa marraine venue la soutenir, Rosa voit peu à peu le désordre et les fantômes du passé s’insinuer dans une vie où chaque chose était à sa place. Le récit est entrecoupé par la voix d’Egon qui raconte son itinéraire de vie. Avec une écriture ciselée et sensuelle, Virginie Ollagnier croise les destins, mêle les voix et retrace des parcours gouvernés pas l’Histoire et les secrets de famille.

Michel Torrekens :" Le geranium de Monsieur Jean", éditions Zellige

"Je ne peux plus me déplacer sans aide. La plupart du temps, c'est une soignante qui se porte à mon secours. C'est bien le mot : secours. Je suis en situation continuelle d'assisté, obligé de me plier au bon vouloir d'une autre personne. Cela m'a appris l'humilité. Bien malgré moi. Après avoir dirigé des années durant une équipe de quinze personnes, je ne suis plus maître de moi-même. Vous avez beau penser que cela risque de vous arriver un jour, vous vous bercez le plus longtemps possible d'illusions". Comment vivre dans un espace de quelques mètres carrés ? Son confinement conduit Monsieur Jean à retrouver des petits bonheurs oubliés : le toucher d'une peau aimée, la saveur d'un verre d'eau, l'odeur de l'herbe coupée, la vision fugitive d'un vol de martinets... Et puis il y a Axelle, encore alerte, elle, et qui lui rapporte tous les petits potins et événements qui agitent la résidence. Car il refuse de rencontrer les autres pensionnaires, et surtout de participer à leurs activités qu'il juge débilitantes. L'existence ne l'a pas épargné - ce n'est qu'à la fin du livre que s'éclaircira le mystère de la disparition de sa femme au Pérou -, mais Monsieur Jean espère encore secrètement une ultime réconciliation. Avec lui-même et avec ses proches... Récit simple et pudique, Le Géranium de Monsieur Jean pourrait faire sienne la phrase de Jean-Jacques Rousseau : "J'ai retrouvé la sérénité, la tranquillité, la paix".

Yvon Toussaint : "Contrepieds, 2002-2012", chez Genèse éditions

Contrepieds rassemble, sous la forme d'un abécédaire, une sélection des chroniques éponymes qu'Yvon Toussaint a écrites dans le quotidien Le Soir de 2002 à 2012. Ce recueil mêle sujets d'actualité brûlants, rétrospectives poignantes et portraits décapants. Comme on joue à la roulette, l'ouvrage se feuillette de façon aléatoire, au hasard Balthazar. Au détour d'un événement politique ou d'un fait divers, l'auteur campe Brel à ses débuts, Dali fulminant contre Béjart, Giroud l'orgueilleuse ou l'impavide De Wever. Le tout servi par une culture littéraire ébouriffante. La chronique, dit Yvon Toussaint, est un genre journalistiqu désordonné et décousu. Comme la vie, ajoute-t-il, celle qui est si courte et en même temps si grosse d'événements tumultueux. Notre vie durant cette décennie 2002-2012 et ses successions de Contrepieds. Voici dont cent personnages en quête de destins. Mille thèmes brassés et re-brassés. Dix années propres à justifier la formule d'Antonin Artaud et qui devrait tous nous hanter "La vie, c'est brûler des questions".

« Clin d’œil sur mes émotions » de Véronique Heynen-Rademakers, illustrations de Vincent Wauthier – Ed Co-Creatives

Apprendre à se connaître au travers des Fleurs de Bach est une voie de paix intérieure simple et efficace. Pour rester dans la simplicité, les Fleurs sont ici présentées en images, chacune étant le reflet de nos émotions personnelles

Jim Thompson – " L'Échappée" – Rivages/Noir

Sitôt sorti de prison, Doc McCoy programme avec son épouse Carol un hold-up dont le butin doit leur permettre d'éponger leurs dettes. Si Doc et Carol nourrissent l'un pour l'autre une grande passion, ils n'en sont pas moins des gangsters sanguinaires, comme en témoignent le complice qu'ils éliminent, les malheureux qui croisent leur route ou le juge que Carol avait corrompu pour faire libérer son mari. Une violence exacerbée par leur longue séparation, et que la paranoïa inhérente à toute cavale ne peut qu'aggraver. Eprouvés par les coups du sort qui les frappent dans leur fuite, une sourde méfiance s'installe entre eux...

Jim Thompson –" L'Assassin qui est en moi" – Rivages/Noir

"Cela ne me viendrait pas à l'idée de te menacer, Lou, mon chéri, mais je suis bien décidée à ne jamais renoncer à toi. Jamais, jamais, jamais. Si tu es trop bien pour moi, alors je ferai ce qu'il faut pour que tu ne le sois plus."
Je l'embrasse - un long baiser, brutal. Car Joyce ne le sait pas, mais elle est déjà morte, et d'une certaine façon, je ne pourrais pas l'aimer davantage.

Andrus Kivirähk –" L'Homme qui savait la langue des serpents" – Attila

Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents,
de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes,
d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons épouvantés par tout ce qui précède... Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d’un souffle inspiré des sagas scandinaves, un roman à l’humour et à l’imagination délirants.

Gilbert Gallerne –" Au pays des ombres" – Fayard

Un policier " PJPP " est victime d’une machination qui l’implique avec son arme professionnelle dans un assassinat, à deux pas de sa résidence secondaire normande… " Il prend un an de prison, sort la semaine dernière, et fonce se faire tuer devant chez moi. Que venait-il me dire ? "
Un an plus tôt, sa femme s’est-elle vraiment suicidée ? Coupable ? Culpabilisé ? Il s’est mis à boire. La police locale diffère sa décision de mettre en garde à vue un collègue apprécié de ses supérieurs du 36. Pour prouver son innocence, celui-ci met à profit cette hésitation en menant sa propre enquête et en doublant ceux qui en ont la charge.
Au terme d’épreuves professionnelles et affectives accablantes, cet homme est déstabilisé dans l’amour qu’il portait à sa femme et dans celui qu’il réserve à sa fille. Isolé et victime d’un faisceau de suspicions, il trouve la force de cesser de boire et celle de faire éclater une vérité particulièrement violente.
L’amitié y est perdante, mais l’honneur de la police sort renforcé de cette intrigue émouvante et mouvementée où il apparaît que la principale qualité du policier n’est pas forcément l’orthographe mais la confiance en sa hiérarchie.
A l’ombre d’une jeune fille en…pleurs, un policier qui n’a plus peur de son ombre, tire plus vite qu’elle et s’en tire… Maintenant que la vérité n’est plus dans le whisky, à quoi peuvent bien se mettre à rêver les jeunes filles ?

"Heureux les heureux" de Yasmina Reza (Flammarion)

Dans le 95, qui va de la place de Clichy à la porte de Vanves, je me suis souvenue de ce qui m'avait enchaînée à Igor Lorrain. Non pas l'amour, ou n'importe lequel des noms qu'on donne au sentiment, mais la sauvagerie. Il s'est penché et il a dit, tu me reconnais ? J'ai dit, oui et non. Il a souri. Je me suis souvenue aussi qu'autrefois je n'arrivais jamais à lui répondre avec netteté. - Tu t'appelles toujours Hélène Barnèche ? - Oui. - Tu es toujours mariée avec Raoul Barnèche ? - Oui. J'aurais voulu faire une phrase plus longue, mais je n'étais pas capable de le tutoyer. Il avait des cheveux longs poivre et sel, mis en arrière d'une curieuse façon, et un cou empâté. Dans ses yeux, je retrouvais la graine de folie sombre qui m'avait aspirée. Je me suis passée en revue mentallement. Ma coiffure, ma robe et mon gilet, mes mains. Il s'est penché encore pour dire, tu es heureuse ? J'ai dit, oui, et j'ai pensé, quel culot, il a hoché la tête et pris un petit air attendri, tu es heureuse, bravo

"Dans la mer il y a des crocodiles", de Fabio Geda (liana levi,Piccolo)

Dix ans, ou peut-être onze. Enaiat ne connaît pas son âge, mais il sait déjà qu'il est condamné à mort. Être né hazara, une ethnie haïe en Afghanistan par les Pachtounes et les talibans, est son seul crime. Pour le protéger, sa mère l'abandonne de l'autre côté de la frontière, au Pakistan. Commence alors pour ce bonhomme "pas plus haut qu'une chèvre" un périple de cinq ans pour rejoindre l'Italie en passant par l'Iran, la Turquie et la Grèce. Louer ses services contre un bol de soupe, passer les frontières dissimulé dans le double-fond d'un camion, braver la mer en canot pneumatique, voilà son quotidien. Un quotidien où la débrouille le dispute à la peur, l'entraide à la brutalité. Mais comme tous ceux qui témoignent de l'insoutenable, c'est sans amertume, avec une tranquille objectivité et pas mal d'ironie, qu'il raconte les étapes de ce voyage insensé.