Les ateliers d'écriture : comment faire le bon choix ?

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Alors qu’on ne l’enseigne pas dans les universités ou les hautes écoles,  l’écriture fait l’objet depuis le milieu des années 80 de nombreux « ateliers ».



Eva Kavian a été (avec Francis Dannemark) une des premières en Belgique à se lancer dans ce type d’ateliers. Maintenant, leur nombre ne cesse d’augmenter et il est de plus en plus difficile de faire le tri entre ceux qui affichent une véritable vocation littéraire et ceux qui relèvent plus du développement personnel ou qui se proposent de réveiller votre propre créativité.

Étonnamment en Europe, contrairement à d’autres disciplines artistiques, il est profondément encré dans nos esprits que l’écriture ne s’apprend pas. Certes, on adhère bien au principe universel que c’est en forgeant qu’on devient forgeron, mais de là à admettre qu’il y a des techniques à acquérir et à développer pour produire un texte qui se tient, il y a là un fossé qu’on a difficile à franchir.

Les cours de  "creative writing " sont pourtant très populaires aux Etats-Unis et au Canada. Dans le monde anglo-saxon, il y a une très solide tradition de l’apprentissage de l’écriture dans les universités. Nombre d’écrivains en sont sortis et bon nombre d’entre eux y enseignent également. Ne citons que John Irving, Alice  Sebold ou encore Richard Ford.

L'écrivain Vincent Engel a essayé, il y a quelques années, de lancer une filière de création littéraire en Romanes à Louvain-la-Neuve. Il tente d’expliquer cette réticence à l'apprentissage  :  "Ce qui, bizarrement dans la littérature, écarte les gens de l'idée qu'il y ait un écolage possible, c'est que les gens se disent que s'ils apprennent des techniques, ils vont perdre l'authenticité et la spontanéité.  Quand vous voyez le cheminement des grands peintres, ils sont tous passés par un académisme. Ils ont tous passé des années à peindre comme leur maître, à faire des choses très académiques. Picasso, il a tout copié et pourtant, il est le peintre le plus génial et le plus original du XXème siècle. Pourquoi est ce que la littérature échapperait à ça ? Il faut être original, spontané et vierge de toute technique pour être un bon écrivain ? Je pense que c'est assez ridicule comme idée. Je pense que l'apprentissage de l'écriture permet à l'écrivain d'aller plus vite".

Alors, comment enseigne-t-on l'art du rythme, les secrets de la structure ? Comment crée-t-on ou fait-on évoluer  un personnage ? Durant cette période si propice à la lecture et à l’écriture qu’est l’été, nous sommes allés à la rencontre de certains animateurs pour qu'ils nous parlent de leur manière de travailler dans leurs ateliers.

Rendez-vous dans quelques jours avec l’une de ses chefs de file, Eva Kavian.

Isabelle Franchimont.