Leo Loden : 23. Brouillades aux embrouilles

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leo loden - © soleil

Le retour de Leo Loden dans une enquête qui n’est pas sans rappeler les remous communautaires de ces derniers temps.

Un flic privé qui n’a pas froid aux yeux, une compagne flic officielle enceinte, un ami aimant tout ce qui dépasse un certain pourcentage d’alcool, Marseille omniprésente, de l’humour et du polar : Leo Loden est une série qui continue, dans la lignée évidente de la BD franco-belge, à cultiver la qualité, tant au niveau du dessin que du scénario…

Comme tout flic privé, Leo Loden a ses indicateurs. Et le meilleur de ceux-ci disparaît.

De son côté, Marlène, enceinte jusqu’aux yeux, enquête sur un meurtre ayant eu lieu dans une cité marseillaise dans laquelle un imam impose un ordre qui n’existe pas dans les autres cités de Marseille.

Bien entendu, ces deux enquêtes vont se rejoindre, se chevaucher, et obliger Leo et Marlène, tout comme le fameux Tonton, à collaborer, à s’enfoncer aussi dans des réalités qui dépassent la simple anecdote policière.

Fausses pistes, fausses certitudes se suivent pour construire un scénario qui laisse la place à la tolérance, à l’acceptation de l’autre.

Ainsi, l’humour qui ponctue de bout en bout les aventures de Leo Loden n’empêche jamais ses auteurs de se pencher aussi sur ce qu’est la réalité de notre monde, ses défis, ses erreurs, ses défaites. Marseille, ville tentaculaire où tout se côtoie, du pire au meilleur, est tout compte fait le personnage central de cette série. Cette ville est montrée, telle qu’elle est, sans doute, sans faux-fuyant, loin aussi, très souvent, du triste politiquement correct.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : Leo Loden, c’est, d’abord et avant tout, de la BD distrayante, tous publics, de la BD qui fait sourire, qui amuse, qui fait passer un bon moment. Les deux scénaristes réussissent d’album en album à étonner, toujours, par leurs récits, et le dessinateur, avec un style proche de l’école de Charleroi, allie la virtuosité du mouvement au plaisir des " trognes " aperçues de page en page.

Leo Loden fait partie de ces (rares…) séries dont je ne me lasse pas. Bien sûr, Carrère ne fera jamais oublier Tillieux, c’est évident ! Mais il est, dans cette filiation, un auteur extrêmement talentueux !

 

Jacques Schraûwen

Leo Loden : 23. Brouillades aux embrouilles (dessin : Carrère – scénario : Arleston et Nicoloff – éditeur : Soleil)