Le taxi de Jérôme Colin embarque l'auteur T.C. Boyle en balade à Bruxelles

Jérôme Colin a emmené l'écrivain TC Boyle en balade à Bruxelles
Jérôme Colin a emmené l'écrivain TC Boyle en balade à Bruxelles - © RTBF

Ce dimanche 11 octobre à 22h40 sur La Deux. De passage en Europe pour défendre son dernier livre, "The Harder They Come", le truculent et multi primé écrivain américain T.C.Boyle n'a pas résisté à une petite promenade en taxi avec Jérôme Colin à travers Bruxelles. Direction le parc du Cinquantenaire et le Pavillon des passions humaines de Jef Lambeaux. Excursion plutôt exotique pour ce californien ultra casanier.

Retrouvez l'interview intégrale de TC Boyle

Plutôt énergique, T.C. Boyle s'approprie le taxi de Jérôme Colin comme s'il était chez lui et discute gaiement. Pourtant, il est tiraillé entre deux sentiments. D'une part, il adore répondre aux interviews et donner des lectures de ses textes devant un public comme il vient de le faire à Passa Porta, à Bruxelles. Il se définit d'ailleurs aussi comme un homme de scène et il a la particularité d'être très proche de ses lecteurs, car, très actif sur son site, il ne laisse jamais un message sans réponse. Mais d'autre part, s'éloigner de sa belle maison de Santa Barbara et de son travail en cours (ici, l'écriture d'un nouveau livre : Terranauts) est une vraie torture. Pour T.C. Boyle, l'écriture est tout et irremplaçable. Le reste est secondaire, même sa vie d'époux ou de père.

Ex-cancre, voyou, punk, drogué, alcoolique et rocker, le romancier et nouvelliste a trouvé la paix dans la littérature et l'écriture à l'âge de 20 ans. " Je suis tombé d'une addiction dans une autre ", dit-il en riant.

Des nouvelles publiées dans des magazines américains ouvrent les portes de l'université de Californie à ce mauvais élève au début des années 70. Son diplôme en poche, il publie son premier roman en 1981. Water Music, une brique de 700 pages, lui assure une entrée très remarquée en littérature et son succès n'a jamais été démenti depuis.

Tom John Boyle renoue avec ses racines irlandaises en adoptant le prénom de Tom Coraghessan qu'il simplifiera plus tard par un simple T.C. Avec quinze romans et neuf recueils de nouvelles à son actif, T.C. Boyle affirme que chaque livre est prétexte à une plongée dans un univers ou une problématique qu'il essaie de mieux comprendre en l'approfondissant par l'écriture.

La belle affaire, Au bout du monde, America,Talk talk, Après le carnage, Un ami de la Terre, etc. se succèdent. L'écrivain américain aime aussi développer les biographies de personnages hauts en couleur et décalés comme le docteur Kellogg, le sexologue Alfred Kinsey, l'architecte Frank Wright ou le milliardaire Stanley McCormick. Dans son dernier livre, The Harder They Come, il se penche sur la violence par les armes, en réponse aux différents massacres qui ont eu lieu aux États-Unis ces dernières années et notamment celui de Santa Barbara, tout près de chez lui, en 2014 et aussi avec une pensée pour la tuerie à la rédaction de Charlie Hebdo, à Paris.

À chaque fois, T.C. Boyle décortique avec truculence et sans pitié les travers d'une société américaine puritaine, xénophobe et paranoïaque. Il apprécie particulièrement les thématiques de la violence, l'écologie, l'identité, la part d'animalité de l'homme, la sexualité, la confrontation à la nature. Il n'y a pas beaucoup de fin heureuse dans ses livres. Pour lui, la fin d'un récit doit être belle et triste.

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