Le prix Goncourt décerné à Leïla Slimani pour "Chanson douce"

Leïla Slimani
Leïla Slimani - © JOEL SAGET - AFP

Le prix Goncourt, le plus convoité des prix littéraires du monde francophone, a été attribué jeudi à la romancière franco-marocaine Leïla Slimani, 35 ans, pour son roman "Chanson douce" ayant pour thème un infanticide, a annoncé le jury.

Avec ce deuxième livre, Leïla Slimani rejoint les rares femmes figurant au palmarès du Goncourt. Au cours de ces 20 dernières années, le prix n'avait récompensé que quatre lauréates. L'écrivaine raconte dans ce roman l'assassinat de deux jeunes enfants par leur nourrice. L'ouvrage, qui se dévore comme un thriller, est aussi un livre implacable sur les rapports de domination et la misère sociale.

Le Goncourt demeure une aubaine pour les éditeurs. En moyenne un livre primé s'écoule à plus de 345.000 exemplaires. L'an dernier, il avait récompensé "Boussole" de Mathias Enard (Editions Actes Sud), un ouvrage exigeant sur les liens entre l'Orient et l'Occident.

Leïla Slimani dans Livr(é)s à domicile

Leïla Slimani avait été invitée dans l'émission "Livr(é)s à domicile" : c'est chez le lecteur Gilles Collard qu'elle s'est rendue pour s'entretenir avec lui de son dernier roman, "Chanson douce", publié aux éditions Gallimard. Une fable tragique provoquée par le poids d'une solitude.

Myriam, l'héroïne du nouveau roman de Leïla Slimani, "Chanson douce" (Ed. Gallimard), est une mère de deux enfants qui décide, malgré les réticences de son mari, de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats. Elle engage une nounou qui va progressivement occuper une place centrale dans le foyer... jusqu'au drame.

A travers cette tragédie familiale écrite dans un style tranchant, c'est toute notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour, de l'éducation et de la réussite sociale. Leïla Slimani excelle à décrire les démons des êtres humains. Le double infanticide par la baby-sitter est exposé dès les premières pages du livre. Le reste du roman remonte le fil du temps et révèle la raison de cet acte fou.