Le patrimoine du dessinateur Didier Comès cédé à la Fondation Roi Baudouin

Le patrimoine du dessinateur belge Didier Comès, décédé en mars dernier, a été cédé à la Fondation Roi Baudouin. Ce sont le frère et les deux sœurs de l'artiste qui ont fait don de tout le patrimoine artistique qu'ils ont recueilli en tant qu'héritiers légaux: "planches originales, story books, dessins, archives documentaires...", a annoncé mercredi la Fondation dans un communiqué.

"Le dessinateur n'avait pris aucune disposition testamentaire appelée à gérer ce patrimoine après son décès", précise encore le communiqué.

Didier Comès, de son vrai nom Dieter Herman, est né en 1942 dans un village du sud-est de la Belgique, d'un père germanophone et d'une mère francophone. Il se lance en 1969 dans la bande dessinée, dont les planches paraissent dans Le Soir, Pilote, Spirou, Tintin et A Suivre. Privilégiant le noir et blanc et les longues histoires qui se déroulent dans des univers sombres, Didier Comès connaît la consécration avec "Silence" en 1979. L'album qui en découlera, son plus grand succès, sera ensuite couronné par le festival de BD d'Angoulême en 1981.

Fantastique et sorcellerie sont ses thèmes de prédilection et les paysages ardennais et de la Fagne font partie de son oeuvre.

À l'annonce de la cession du patrimoine de Comès à la Fondation, François Schuiten se réjouit : "Je reste toujours ébloui devant la beauté de ses planches, la façon dont il traduit le mystère des forêts qui l’entourent. Il travaille le végétal comme un orfèvre ou un artiste japonais. Il donne à chaque arbre une âme, une vie intérieure qui transcendent ses histoires. Il a su travailler le mouvement des cadres et des plans comme un musicien,  avec le sens rythmique du batteur qu’il a été."

La Fondation s'alliera notamment au Musée en Piconrue à Bastogne pour la préservation et la mise en valeur des œuvres reçues.