Le Chien qui Louche

Fabien est gardien au musée du Louvre, il parcourt salle après salle, rencontrant les visiteurs sans scrupules comme les amoureux du lieu. Lorsque Mathilde Bénion, sa fiancée, lui propose de rencontrer ses parents, il est stressé mais ne se doute pas qu'il vient de mettre le doigt dans une béchamel familiale infernale. Car, si les Bénion sont marchands de meubles depuis trois générations, l'aïeul a aussi commis une œuvre improbable sous la forme d'un tableau "Le Chien qui Louche". Or, qui mieux qu'un gardien du plus grand musée du monde peut donner un avis d'expert sur une toile et –surtout- faire en sorte que la croûte du grand-père soit accrochée aux cimaises entre Raphaël et de Vinci?

Piégé par sa belle-famille un poil insistante, il va trouver de l'aide auprès de la mystérieuse République du Louvre, un groupe de farfelus dont les liens avec le musée vont de l'envie de le parcourir en moto à celle d'y faire l'amour entre les statues.

 

Nous avions laissé DAVODEAU en apprenti viticulteur dans le formidable "Les Ignorants" (voir cette chronique), nous le retrouvons ici dans un registre de comédie tout à fait différent. Après une entame de chronique ordinaire sur la vie d'un couple pris entre métro-boulot et dodo, il nous entraîne dans le monde de l'art et de la perception que chacun peut en avoir. Car si les Bénion sont des rustauds sans culture picturale apparente, ils savent aussi apprécier un meuble réalisé par un artisan d'art, eux qui savent ce qu'ébénisterie veut dire.

 

Davodeau fait du musée son personnage principal, reproduisant avec talent les œuvres qui s'y trouvent et apportant dans la vie de Fabien une bonne dose d'humour absurde. Il rend également un hommage émouvant aux peintres du dimanche persuadés d'êtres les nouveaux Magritte ou Dali.

 

En bref : un album très réussi et plein d'humour, on en redemande encore et encore…

 

Le Chien qui Louche par Etienne DAVODEAU chez Futuropolis

 

Denis MARC