La Complainte des Landes perdues – Sill Valt

La Complainte des Landes perdues – Sill Valt
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La Complainte des Landes perdues – Sill Valt - © Dargaud / Delaby - Jérémy & Dufaux -2014

Conclusion somptueuse pour le 2ème cycle des "Complaintes" endeuillé par le décès de Delaby

Il est bien difficile arrivé au 4ème et dernier tome d'un cycle tel que celui-ci d'en résumer l'intrigue.

Pour rafraîchir les mémoires, rappelons que dans les épisodes précédents, nous avions laissé Seamus -un chevalier du Pardon- veiller sur la fée Sanctus, tandis que Sill Valt auquel est plus particulièrement consacré cet album est à la poursuite du Guinéa Lord, sorte de guerrier invincible, lui-même en charge de rapporter la tête de la-dite fée Sanctus à sa mère, représentante des forces du mal. La confrontation finale de Sill Valt et de celle-ci sera à la fois torride et effrayante.

 

De cette histoire complexe et foisonnante, elle-même prequel au cycle original des superbes "Complaintes des Landes perdues" de Rosinski (Thorgal), on attendait non seulement la conclusion mais aussi le résultat de la reprise du travail du défunt Philippe Delaby (Muréna) par son assistant et coloriste : Jérémy.

Celui-ci fait plus qu'honorablement terminer le travail largement entamé par son mentor au point que distinguer le trait de l'un de celui de l'autre est bien difficile voire impossible.  Le dessin est superbe et respect des couleurs  par une nouvelle coloriste ajoute encore à l'illusion. Ce tandem-là aurait pu produire encore nombre de bien belles choses…

Le scénario de Dufaux qui s'inscrit -on l'aura compris- dans un contexte médiévalo-fantastique tient beaucoup à la psychologie des personnages, nous ne sommes pas ici dans un héroïc fantasy à la "Seigneur des Anneaux" ou de gigantesques armées de monstres plus ou moins agressifs s'étripent dans de grands combats épiques. Ce ne sont, dans ces Complaintes que quelques êtres, souvent seuls, qui accomplissent une quête en laquelle ils croient profondément et qui s'affrontent, qu'ils soient du côté du bien ou de celui du mal…  C'est par leur solitude que l'on peut s'attacher à eux.

Dufaux réussit en plus à faire habilement le lien avec le cycle original avec cette phrase qui est finalement le centre de l'intrigue "Le mal est au cœur de l'amour".

Au final, on a ici une mini-série qui se conclut en beauté malgré les difficultés qu'elle aura rencontré en cour de route.

 

En bref : découvrez ou relisez l'ensemble des deux cycles, le travail des dessinateurs comme celui du scénariste en valent la peine.

 

La Complainte des Landes perdues – Sill Valt par Delaby, Jérémy et Dufaux chez Dargaud

 

Denis MARC