"L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes", premier roman de Karine Lambert

"L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes", premier roman de Karine Lambert
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"L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes", premier roman de Karine Lambert - © Karine Lambert

Le premier roman de Karine Lambert entame un tour du monde, avec déjà la perspective de plusieurs traductions. Un roman qui rappelle un peu l'ambiance des "Chroniques de San Francisco". Et dans la vie Karine est également photographe.

Christine Pinchart a rencontré Karine Lambert

 

L'ambiance de votre livre m'a rappelée celle des "Chroniques de San Francisco, est-ce quelque chose qui vous parle ?

Oui, absolument, ça me parle. Une atmosphère d'endroit confiné, en huis-clos. Oui c'est vrai.

 

C'est un univers de femmes un peu déçues par la vie ?

On peut dire que la vie ne leur a pas apporté tout ce à quoi elles aspiraient. Le schéma classique du couple, des enfants et du bonheur; et chacune pour des raisons différentes. Donc elles ont imaginé une autre manière de vivre.

 

L'idée d'interdire cet immeuble aux hommes, où l'avez-vous trouvée ?

Dans mon imaginaire. Le point de départ de mon écriture, c'est grâce à une femme que j'ai rencontrée il y a quelques années, et qui m'a raconté qu'elle avait renoncé aux hommes, à l'amour, et je trouvais cela complètement fou. Mais pour rien au monde elle ne serait revenue sur son choix et elle avait deux ou trois copines comme elle dans son immeuble. Mais cela ne ressemblait pas à ce que j'ai décrit, et elle était rayonnante. Ensuite je l'ai perdue de vue et ça a continué à me titiller. Et j'ai essayé d'imaginer quel genre de femmes pourraient vivre dans cet immeuble. J'ai interview des femmes sur l'amour, le renoncement et le désir, et tout cela a nourri mes personnages et mon imaginaire.

 

Ces femmes n'ont pas complètement perdu l'espoir ?

On peut renoncer mais peut-on oublier ? Et puis il y a les paradoxes de la vie. Comme l'arrivée de cette nouvelle locataire qui remet leur choix en question. Chacune va évoluer à sa manière.

 

Ce sont des femmes contemporaines, qui vivent avec les moyens de communication d'aujourd'hui. Pas des nonnettes ?

C'est le cas de cette nouvelle locataire, qui elle, au contraire des autres, n'a pas du tout renoncé. La recherche de l'amour est même son centre de gravité.

 

Ce petit monde est dirigé par une reine, ancienne danseuse,et j'ai quelques difficultés à l'imaginer ?

Elle a renoncement qui est différent de celui des autres, puisque c'était une grande séductrice. Et au moment où elle ne peut plus séduire, elle préfère se mettre à l'abri d'une déception possible. C'est au point de ne pas pouvoir côtoyer l'amour, autour d'elle. C'est une reine installée au sommet de la ruche, qui organise les choses à sa manière. Mais le renoncement c'est une décision radicale.

 

C'est une personnalité influente ?

Oui certainement, c'est pour cela qu'on l'appelle la reine. Elle impose des conditions, mais on n'est pas obligé de vivre là. C'est une vie qui convient à un moment donné et qui fait même du bien à ces femmes. Elles sont à l'abri et à l'abri de la solitude aussi; et peuvent vivre l'amitié à portée de pantoufles. Elles ont leur indépendance dans l'immeuble, mais elles partagent plein de choses. Ce sont d'autres petits bonheurs qu'elles ont créés.

Karine Lambert : "L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes", chez Michel Lafon. Un petit bonheur.

Christine Pinchart